I. Guide, III, ch 52, p
a. Cf. Guide, I, ch. 5t, p. i85; III, ch. 18, p. i4o, « Tindividu seul a un existence réelle en dehors de Tentendement » ; Abrégé de la Logique, ch. 10.
l\''panclicnicnt divin que nous trouvons uni à l'espèce humaine, c'est-à-dire l'intellect humain, est une chose qui n'a son existence que par les intelligences individuelles, par ce qui s'est épanché de l'intelligence divine sur A, sur B. sur C, etc. (").
Il en résulte que plus un individu sera apte à recevoir l'influx divin, en raison de son organisme prédisposé, de ses études approfondies et de ^on etlbrt moral (■), plus il sera protégé par la Providence, s'il est vrai que providence et intelligence sont connexes. La Providence divine ne veillera donc pas d'une manière égale sur tous les individus de l'espèce humaine, elle les protégera à proportion de leur perfection. Par conséquent, la Providence s'occupera tout particulièrement des prophètes, des hommes vertueux et des esprits supérieurs, et toujours à proportion de leur >-upériorité. Car c'est telle intensité de l'influx divin qui a fait parler les prophètes, qui a dirigé la conduite des hommes vertueux, qui a perfectionné les connaissances des esprits supérieurs. Quant aux ignorants et aux pécheurs, privés qu'ils sont de cet épanchement, ils se trouvent au rang des autres espèces animales. C'est un des fondements de la religion de croire que la Providence veille sur chaque individu humain en particulier, selon son mérite et sa perfection.
L'homme d'une perception parfaite, dont l'intelligence est constamment occupée de Dieu, est toujours sous la garde de la Providence. Mais celui qui, quoique d'une perception parfaite, se distrait de Dieu à certains moments, n'est sous la protection de la Providence que dans les moments seuls où sa pensée est à Dieu. Cependant la Providence ne l'abandonne pas alors comme elle abandonne celui qui ne pense jamais. Elle ne fait que s'aflîaiblir, parce que cet homme d'une perception parfaite ne possède point dans ses distractions l'intellect en acte et