I. Guide, m, ch. 14, p. loi
a. I, ch. 53, p. ai3 et suiv. ; ch. 69, p. 3a2.
3. Guide, I, ch. ;3, p. 3;6, 3qd et suiv. ; III, ch. 10, p. Ô8 et 09.
Quant à nous, dit Maïmonide, voici notre opinion ('). Enlever ce qui est un obstacle au mouvement c'est encore mouvoir. Par exemple, celui qui retire une colonne de dessous une poutre, en sorte que celle-ci tombe de sa pesanteur naturelle, met en mouvement la poutre ("). De même celui qui fait cesser une certaine virtualité est l'auteur de cette privation, bien que la privation n'existe pas en soi. L'action d'un agent ne peut pas s'appliquer à une privation « faire une privation » ne peut s'entendre que d'une opération indirecte. Ce qu'un agent fait directement est nécessairement quelque chose de positif.
Aristote a démontré que le mal n'existe pas en dehors des choses, et que tout mal. par rapport à un être quelconque, consiste dans le non-ètre de cette chose ou dans la privation d'une de ses conditions de bien('). Donc tout mal est une privation. La mort est, par rapport à tout être vivant, la privation de la forme.
Ceci posé, Dieu ne saurait être l'auteur direct, intentionnel du mal. Toutes ses actions sont purement bonnes, attendu qu'il ne produit que l'être et qu'Etre et Bien c'est tout un. Tout mal est une privation qui ne comporte aucune action, si ce n'est qu'en tant que Dieu crée la matière avec la nature qui lui est propre, laquelle consiste à être toujours accompagnée de pinvation ("). C'est ainsi que la matière devient la cause de toute corruption et de tout mal. Cela explique, d'autre part, que tout être non affecté de matière inférieure (^les corps célestes par exemple) ne périt point et n'est sujet à aucun mal. Donc qui dit activité divine dit Bien, car cette activité est essentiellement et directement génératrice d'être. Même l'être de la matière inférieure, qui pourtant de sa nature est associée