I. Guide, II, ch. a5, p. 19S
parlât, etc. ('). Les miracles font en quelque sorte partie de la nature. A l'origine, Dieu introduisit dans les dispositions générales du monde la faculté de faire naître tous les miracles qui devaient se produire ultérieurement. Il n'y a donc pas d'intervention spéciale de Dieu depuis l'œuvre de la création, car la volonté divine qui est éternelle et immuable ne saurait changer {').
Cependant, à prendre littéralement de nombreux passages de l'Ecriture, il semble que Dieu intervienne à . chaque instant d'une façon particulière ('). Toutes les causes prochaines, qu'elles soient essentielles et naturelles, ou arbitraires ("*) et accidentelles, sont, dans les écrits prophétiques, attribuées à Dieu. Pour tous ces cas, on emploie les verbes « dire », « parler », ordonner », ((appeler », (( envoyer ». Comme c'est Dieu qui a excité telle volonté dans tel animal irraisonnable, que c'est lui qui a fait que l'animal raisonnable eût le libre arbitre, comme c'est lui enfin qui a déterminé le cours de la nature (car le hasard n'est qu'un excédent du naturel) ('), on a employé les expressions que Dieu a (( ordonné » de faire telle chose ou il a dit : (( Que telle chose soit ».
Quoique un être quelconque puisse, par un miracle, changer de nature. Dieu ne change pourtant pas par un miracle la nature des individus. Dieu n'a jamais voulu le faire et ne le voudra jamais, car si c'était sa volonté de modifier chaque fois la nature de l'individu pour ce qu'il veut obtenir de cet individu, la mission des prophètes et / toute la législation seraient inutiles, puisque l'homme
I. Dernier des //u;ï Chapitres (InXrod au traité d'Aboth) : Commentaire sur la Mischna d'Aboth, ch. 5, §6; Guide, I, cli. 66, p. 290. Cette opinion était déjà celle d'anciens rabbins : voir Genèse rabba, ch. 5.
a. Guide. II, ch. 29, p. 224 et suiv.