Guide. II, ch. 22, p. 197 : cf. ib., ch. 2i, p
6. Nous avons dit plus haut comment les Arabes s'initièrent à la pensée grecque sous la direction des Syriens qui eux-mêmes se rattachaient aux écrivains grecs d'Alexandrie. Les khalifes Mansour et Mamoun (vin* et ix« s. imprimèrent une vigoureuse impulsion aux études. Ce dernier fonda à Bagdad un bureau officiel de traduction à la tête duquel fut placé Honein fils d'Ishâk. De là sortirent des traductions de Platon, Aristote, Alciamire d'Aphrodisias, Porphyre, Thémistius, Ammoiiius, Jean Philopon, etc.
SOURCES DE MAÏMONIDE. 45
Ailleurs, il attribue à Aristote la théorie de l'émanation des intelligences les unes des autres, théorie qui appartient à Al-Farâbi et à Avicenne (II, ch. 4 et ch. 22). Ailleurs encore, il cite Alfarâbi à la place d'Aristote (III, ch. 18, p. 139). Il paraît donc avoir étudié Aristote le plus souvent dans ses commentateurs (également traduits en arabe) : Alexandre d'Aphrodisias1, Thémistius2, Jean Philopon3; dans les interprètes arabes du stagirite : Al- Kindi4, Al-Gazali5, Ibn Badja6, Ibn Tofaïl7, les Moutakallimoun8 et principalement Al-Farâbi9.
Il s'est fortement inspiré d'Alfarâbi pour sa théorie des sphères, de la prophétie, de l'intellect agent, de la Providence proportionnelle. Il recommande Al-Farâbi comme le meilleur commentateur d'Aristote : « Tout ce qu'il a composé , particulièrement son ouvrage sur les Principes des êtres, est de pure fleur de farine » (Kobéc, 14b). Aux: yeux de Maïmonide, Avicenne ne vaut pas Alfârabi \ib.), pourtant, il mérite d'être consulté10. Maïmonide 'connaissait certainement l'Encyclopédie des Frères de la Pureté11.
1. Guide, I, p. 107; II, p. 38, 51, 122, 180; III, p. m. Alexandre d'Aphrodisias, par sa théorie de l'intellect, a exercé une influence déterminante sur la philosophie du moyen âge. Dans une lettre au traducteur hébreu du Guide, Maïmonide recommande tout particulièrement l'étude d'Alexandre d'Aphrodisias et de Thémistius; voir Kobcç, II, 28b.