Guide, III, ch
4. Le commentateur Schem-Tôb cite, entre autres exemples, la condamnation des coupables qui est un bien pour la société, et cependant il peut arriver que des innocents soient condamnés sur un faux témoignage.
5. Guide, III, ch. 35; cf. le code établi par Maïmonide et qu'il a nommé Mischnéh Torah ou Yad ka-'hazaqah (le mot yad ayant la valeur numérique de 14).
La deuxième comprend l<vs dispositions sur l'idolâtrie. Elles veulent nous détourner des pratiques de la sorcellerie, de la magie, d<> L'astrologie. Aussi bien, la Loi a pour préocoupation essentielle de ruiner toutes les supcrstitions.
Dans ta troisième classe entrent les commandements relatifs au perfectionnement des mœurs.
A la quatrième se rattachent les prescriptions touchant les aumônes, h's prêts, les esclaves. La raison de ces commandements est évidente, car tous en peuvent tirer avantage. 11 en est de même de la cinquième classe dont les., dispositions visent â empocher la violence et l'injustice.
La sixième contient les peines criminelles frappant le voleur, le brigand, le faux témoin, etc. L'utilité en est manifeste, car, n'était la peur du châtiment, la violence se déchaînerait sans scrupule et sans limite.
La septième classe a trait aux transactions mutuelles des hommes. L'intérêt de cette réglementation saute aux yeux.
Dans la huitième entrent les prescriptions concernant le sabbat et les fêtes. L'Écriture indique elle-même la raison de leur établissement qui est, ou d'éveiller une certaine idée historique, morale, spirituelle, ou de procurer le repos du corps, ou de combiner ces deux effets.
La neuvième classe groupe les autres pratiques du culte imposées à tous les Israélites, à l'exception de la circoncision. Tous ces rites servent à éclairer et renforcer les croyances religieuses et l'amour de Dieu.
La dixième renferme les dispositions relatives au sanctuaire et à ses desservants, la onzième celles qui se rapportent aux sacrifices.
La douzième réunit ce qui s'applique aux cas de pureté et d'impureté. Ces commandements empêchaient qu'on visitât, en état d'impureté, le sanctuaire, afin de ressentir, en pénétrant dans la maison du Seigneur, la plus profonde vénération.
La treizième classe est celle des prohibitions alimen-
taires, qui ont pour but d'arrêter les excès de la bonne chère et de la boisson. Enfin, la quatorzième comprend, avec la circoncision, les défenses relatives à certaines cohabitations et d'autres dispositions destinées à refréner le désir charnel.
Après avoir indiqué les motifs de ces différentes catégories, Maïmonide entre dans l'étude détaillée des prescriptions, s'appliquant surtout à dévoiler la raison des ordonnances que certains esprits jugent n'avoir aucun fondement rationnel1. Au terme de ses recherches, il conclut que toutes ces dispositions n'avaient pour objet que d'écarter des idées fausses et des pratiques grossières ou inutiles.
Parmi les devoirs qui s'imposent à nous, il y a d'abord les devoirs de l'homme envers lui-même. Chaque faculté cherche à s'approcher de Dieu au moyen de la chose qu'elle aime le plus2. L'homme a des devoirs envers son corps. De ce point de vue, la médecine trouve place dans la morale3. L'idée générale qui domine le régime du corps, c'est l'exercice modéré de toutes les fonctions et la propreté de la personne.
L'individu a besoin de repos, d'oublier ses fatigues, de se donner de la joie. De là l'institution du sabbat et des fêtes4. Mais les jouissances doivent être contenues, limitées au strict nécessaire. En se livrant aux passions, on ruine ses aspirations supérieures, on meurt avant le terme naturel, la jalousie et la haine s'accroissent entre les hommes. L'ignorant considère le plaisir comme la fin essentielle. C'est précisément en vue de détruire cette erreur que la Loi interdit tout ce qui conduit à l'avidité et au seul plaisir 5.
Pour ce qui est des biens extérieurs, il ne faut les pour-
1. Voir Guide, III, ch. 36-49; cf. II, ch. 39, p. 303 et suiv.