Guide, III, ch
terner devant lui et de lui offrir de l'encens. Ce procédé eut pour résultat de faire disparaître le polythéisme devant le monothéisme moral, sans que les esprits fussent effarouchés par l'abolition des cérémonies qui leur étaient familières.
Comme les sacrifices n'avaient qu'une valeur secondaire1, tandis que les prières et d'autres pratiques conduisent plus directement à la sanctification, le législateur sacré a fait une grande différence entre les deux genres de culfe. Alors que, primitivement, on pouvait offrir des sacrifices en tout temps et en tout lieu et prendre pour sacrificateur le premier venu, la Loi fixa un temple unique et désigna une famille particulière pour exercer le sacerdoce2, toutes mesures tendant à restreindre le cuite sacrificiel. Par contre, les prières et d'autres cérémonies se pratiquaient en tout lieu et par qui que ce fût.
Un autre objet de la Loi c'est de réprimer l'instinct, de manière à n'y donner satisfaction qu'autant qu'il est nécessaire3. On a donc défendu tout ce qui favorise la seule jouissance et l'avidité. La Loi veut aussi nous inspirer la douceur et la docilité, en nous éloignant de la dureté et de la grossièreté.
Il convient encore d'observer que la législation ne s'occupe pas de ce qui est exceptionnel, elle a pourvu au bien général sans se soucier du dommage qui peut résulter de telle disposition pour tel individu particulier4.
Les préceptes se rangent en quatorze classes5.
La première renferme les vérités fondamentales en matière religieuse; les préceptes qui s'y réfèrent portent leur motivation en eux-mêmes.
1. Cf. I Sam., XV, 22; A., I, 11; Jcr., VII, 22, 23; lJs., L, 7-9.