I, ch. 35, p. 131 et 132; cf. III, ch. 28, p
5. Cf. II, ch. 2, p. 49 : « Sache que, dans ce livre, je n'ai pas eu dessein décomposer un ouvrage sur la physique, pas plus que sur la métaphysique... Il ne faut pas que tu croies un seul instant que j'ai eu pour but d'examiner ces sujets philosophiques. Ils ont été traités dans beaucoup de livres, et l'on a démontré la vérité de beaucoup de ces questions. Ma seule occupation est de rapporter ce qui peut éclaircir certaines obscurités de la Loi ».
sciences et en philosophie1, qui se trouvent embarrassés par le sens littéral de la Bible, tiraillés entre les exigences de la spéculation libre et les affirmations de la foi courante. « Dans le présent ouvrage, dit-il, je m'adresse à celui qui a étudié la philosophie et acquis des sciences véritables, mais qui, croyant aux choses religieuses, est troublé au sujet de leur sens, sur quoi les noms obscurs et les allégories le laissent dans l'incertitude ». De là le titre du traité qui s'offre comme un '< Guide » des « indécis », des « perplexes ». Le Guide est donc essentiellement une œuvre théologique2 qui a pour objet d'accorder le judaïsme avec la philosophie d'alors, c'est-à-dire avec le péripatétisme néo-platonisant des philosophes arabes. Gomme les penseurs arabes et chrétiens, Maïmonide ne sépare pas la philosophie de la religion.
H est important de ne pas perdre de vue l'angle sous lequel notre docteur s'est placé, si l'on ne veut point trahir ses intentions et faire tort à sa réputation si méritée de penseur systématique qui saisit son sujet de haut, maîtrise la multiplicité des détails, ordonne la masse des faits et des idées dans une exposition serrée, la plus propre à mettre en lumière les vérités qu'il s'agit d'établir. Lorsqu'on ouvre le Guide, on est surpris de l'apparent désordre qui y règne. L'ouvrage débute par des observations exégétiques. On nous parle de la nature de Dieu et après seulement on s'efforce de démontrer son existence3!
Cependant, si l'on se rend compte du biais d'où Maïmonide a envisagé le problème, on constate que ce désordre est savant et habile et qu'une méthode ingé-
1. Voir par exemple II, p. 23 : «Je t'ai déjà fait savoir que j'ai pour but, dans ce traité, non pas de transcrire les livres des philosophes, mais de rapporter les propositions nécessaires à notre sujet. » Cf. II, ch. 14, p. 114; Introd. à I, pp. 5, 7, 25.