Cf. Introduction, p. 16, et II, ch. 2, p
3. Déjà Isaac Abravanel (1437-1508), dansses Scheélolh (éd. Venise, 1574, p. 2lb), demande pourquoi la théorie des attributs est exposée avant celle de l'existence, de l'unité et de la spiritualité de Dieu.
La question des attributs de Dieu était une des plus agitées parmi les docteurs musulmans et juifs; cf. Pococke, Spec. hist. arab., p. 214etsuiv. Elle avait été soulevée par le néo-platonisme; cf. Plotin, Enn., VI, vw, 8.
nieuse préside à la composition du Guide. Maïmonide n'ignore point qu'on peut relever des contradictions dans son ouvrage. 11 ne prétend donner que les premiers éléments; et ces éléments, il ne les range point par ordre et d'une manière suivie, au contraire, il les présente disséminés et mêlés à d'autres objets. Il entend seulement ouvrir une vue sur les questions dernières et non pas en traiter ex professo. Pour bien comprendre son ouvrage, nous dil-il encore, il faut combiner les chapitres les uns avec les autres. Kien n'est livré au hasard, mais tout est écrit avec exactitude et précision1.
Comme on la indiqué plus haut, l'ouvrage sadresse à des esprits cultivés, d'éducation philosophique, qui n arrivent pas à concilier leurs spéculations avec les assertions scripturaires. Ce qui forme la grande pierre d'achoppement, ce sont les textes bibliques dans leur littéralité. Ces textes semblent contredire les conclusions de la raison.
Or Maïmonide part de cette idée devenue courante depuis Saadia2 qu'entre le judaïsme révélé et la philosophie (c'est-à-dire le péripatétisme), il n'y a pas opposition, au fond ils s'identifient. L'Écriture et la raison sont également d'origine divine, par conséquent leurs enseignements doivent concorder. La philosophie fournit des démonstrations pour les vérités intellectuelles que nous avons traditionnellement apprises par la Doctrine, la philosophie consiste à confirmer les vérités de l'Écriture au moyen de la spéculation vraie 3.
1. Voir Introduction, p. 31; I, ch. 8, p. 53; ch. 17, p. 67 et suiv. ; cf. Kobéç, II, I0a.
2. Dans l'introduction à son livre Croyances et doctrines (cf. ib., III, 10; VII, 1, et Commentaire sur les proverbes) Saadia déclare : « Nous devons étudier et réfléchir, afin de connaître et de saisir personnellement ce que nous savons par la voie de la Révélation. » Cette parole fut la devise de presque tous les théologiens juifs, tels Bachya, Devoirs du cœur, porte de l'unité, I et II; Abraham ibn Daoud, La Foi sublime, p. 82, Gersonide, préface du Milhamoth; pour Juda Halévi, par contre, la spéculation ne saurait arriver aux vérités religieuses; on ne tient celle-ci que delà révélation et de la tradition (Kozri, III, 50). Pour Joseph Schém Tob (xve siècle), philosophie et religion ont des buts distincts : la première s'occupe de ce monde, la seconde de l'au-delà.