‹ MaïmonideChapitre 24 sur 195 · Guide, III, ch. 54, pp. 458 et · texte numérisé non relu

Guide, III, ch. 54, pp. 458 et

la fin dernière de la science, ne peuvent être comprises à fond et dans le détail qu'après des connaissances préliminaires. On n'arrive au véritable amour de Dieu que par une profonde intelligence de tout l'être et par la contemplation de la sagesse divine qui se manifeste dans la création1. L'ordre des' études doit s'échelonner comme suit : d'abord, on apprendra les idées traditionnellement, ensuite on s'appliquera à les démontrer philosophiquement, enfin on en tirera des règles de conduite 2.

Aussi bien, l'homme n'est pas doué dès le début de la perfection finale; il n'a que la perfection en puissance. Il part de la connaissance sensible ; mais autre chose est la connaissance sensible, autre chose la connaissance intellectuelle. On ne doit donc aborder qu'avec beaucoup de précautions les « secrets ou mystères de la Torah » qui constituent la métaphysique. Aux « mystères de la Loi » appartiennent les explications bibliques dont le sens externe contredit les vérités rationnelles, l'exacte intelligence des expressions allégoriques et métaphoriques, des attributs et du nom de Dieu, des récits en apparence inutiles, de la révélation sinaïtique, la motivation des lois, principalement l'intelligence de la Création et du Char céleste 3. Avant de se risquer à ces questions, il faut de profondes connaissances et de longs exercices préparatoires, sans quoi l'on tombe facilement dans l'irréligion 4.

« Je ne puis comparer cela, dit Maïmonide, qu'à quelqu'un qui ferait manger à un jeune nourrisson du pain de froment et de la viande, et boire du vin ; il le tuerait indubitablement, non point que ces aliments soient mauvais et contraires à la nature de l'homme, mais parce que le

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