Guide, I, ch. 51, p
3. Guide, II, Introd., p. 7; cf. Aristote, Phys., III, ch. 1 ; Métaph., XI, ch. 9.
i Guide, II, ch. 14, p. 117. Voir Cl. Piat, Aristote, p. 20 etsuiv., Paris 1903.
.".. Guide, I, ch. 1. p. 35.
6. Guide, I, ch. 28, p. 97; cf. Aristote, Met., Z, 3, 1029a, 20-21.
l'être et le devenir. 65
ticulière, à savoir la privation de la forme survenue, cesse; et il se marque dans la matière une autre privation appelant la forme subséquente, et ainsi indéfiniment, comme l'explique Aristote1. Affectée qu'elle est de privation, la matière ne cesse point de dépouiller une forme pour en revêtir une autre; et toujours cette forme ne fait que préparer la matière à recevoir une autre forme2.
Il existe une matière première et une matière dernière ; la première est ce qui ne peut que médiatement, la dernière ce qui peut immédiatement devenir telle autre chose. Entre ces deux extrêmes, il y a toute une série de matières qui se spécifient de plus en plus à mesure qu'elles s'éloignent de la pure potentialité, et dont chacune, sauf la première, devient forme à son tour3.
Pour Aristote, la matière première est éternelle. Et, sans doute, elle ne s'est pas formée comme l'homme se forme du sperme, et elle ne doit pas périr comme l'homme qui redevient poussière. Mais nous soutenons que Dieu l'a produite du néant et l'a créée telle qu'elle est. Par quoi il faut entendre que la matière première était immédiatement constituée de telle sorte que tout pût sortir d'elle et ensuite se dissoudre en elle, si bien qu'elle n'est jamais dépouillée de toute forme. Elle n'est pas née de quelque chose comme naît tout ce qui est issu d'elle, et elle ne disparaîtra pas en quelque chose comme disparait ce qui se résorbe en elle : la matière première est une chose créée, et quand son créateur le voudra, il la réduira à l'absolu et pur néant 4.
De môme on peut admettre avec Aristote que le mouvement universel, depuis qu'il existe avec sa nature invariable, n'est pas sujet à la naissance et à la corruption,
1. Guide, I, ch. 17, p. 69. La matière s'élève aux formes dont elle est susceptible par le désir du meilleur; cf. Aristote, Physique, A, 9, 192a, 14-19.