L ÊTRE ET LE DEVENIR
rencontrait pas d'obstacle, le sujet ne resterait pas un instant en puissance, il serait toujours en acte1.
Le changement s'effectue dans quatre catégories : l°dans la substance, c'est la génération et la corruption; 2° dans la quantité, c'est la croissance et la décroissance ; 3° dans la qualité, c'est la transformation ; k° dans le lieu, c'est le mouvement de translation. C'est au mouvement local que s'applique plus particulièrement le terme de mouvement2.
Le mouvement est essentiel ou accidentel ou dû à la violence ou partiel3. Tout ce qui subit le changement est divisible, par conséquent tout ce qui est mû est divisible et a nécessairement un corps. Tout ce qui n'est pas divisible n'est pas mû, et, par conséquent, ne saurait être corporel4. Toute chose qui n'a pas en soi le principe de son mouvement, mais qui reçoit l'impulsion du dehors, entre en repos dès que cette impulsion cesse5. Tout corps qui en meut un autre ne se meut qu'en étant mû lui-même au moment où il meut0.
Des différentes espèces de changement, seul le mouvement de rotation uniforme peut être continu7. Le mouvement de translation est antérieur à tous les mouvements et le premier selon la nature. Car même la naissance et la corruption sont précédées d'une transformation. La transformation à son tour est précédée d'un rapprochement entre ce qui transforme et ce qui doit transformer. Enfin, il n'y a ni croissance ni décroissance, sans qu'il y ait d'abord génération et corruption8.
1. Guide, II, Introd., p. 17; ch. 1, p. 43; ch. 4, p. 58; III, ch. 10.
2. Guide, II, Introd., p. 6-7; cf. Aristote, Métaph., XII, 2; Physique, M, 1; Traité de l'âme, I, ch. 3, % 3.
3. Guide, II, Introd., p. 7-8; cf. Aristote, Phys., IV, 4; VIII, 4; De l'âme, II, 3 ; Du, ciel, III, 2.
4. Guide, II, Introd., p. 8-9; cf. Aristote, Phys., VI, 4, 10; VIII, 5.