‹ MaïmonideChapitre 33 sur 195 · Guide, II, Introd., p. 9; cf. Aristole, De l'âme, I · texte numérisé non relu

Guide, II, Introd., p. 9; cf. Aristole, De l'âme, I

6. Guide, II, Introd., p. 10; cf. Aristote, Phys., VIII, 5 ; Métaph. , XII, 6.

7. Guide, II, Introd.; p. 13; cf. Aristote, Phys., VIII, 7, 8; Métaph., XII, 6.

8. Guide, II, Introd., p. 13-14; cf. ch. 10, p. 88; cf. Aristote, Phys., VIII, 7; VII, 2.

tiS MAIMONIDE.

Le mouvement est mesuré par le lemps. Le temps est un accident < { 1 1 i accompagne le mouvement et qui lui est inhérent. Aucun des deux n'existe sans l'autre. Un mouvement n'existe que dans un temps, et on ne saurait penser Le temps qu'avec le mouvement. Par conséquent, tout ce pour quoi il n'existe pas de mouvement (comme Dieu) ne tombe pas sous le temps1.

Le temps fait partie des choses créées, puisqu'il accompagne le mouvement lequel est un accident de la chose mue et que cette chose elle-même dont le temps accompagne le mouvement a été créée. Que si l'on dit : « Dieu fut avant de créer le monde » — où le mot fut implique le temps — il n'y a là qu'imagination et non pas réalité de temps, attendu que le temps est un accident, un accident créé tout comme la noirceur et la blancheur. Quoiqu'il n'entre pas dans la catégorie de la qualité comme la noirceur et la blancheur, il n'est pourtant qu'un accident inhérent au mouvement2.

Ce qui rend le problème du temps si difficile, c'est qu'il est un accident dans un autre accident. Les accidents dont les substrats sont d'autres accidents, comme l'éclat dans la couleur, la courbure dans la ligne, sont chose très obscure, surtout lorsqu'il s'y joint cette circonstance que l'accident qui sert de support n'est pas dans un état fixe, mais change de condition. Or, dans le temps, ces deux caractères se trouvent réunis : il est d'abord un accident dans la chose mue ; ensuite, le mouvement n'est pas comme la noirceur et la blancheur qui sont fixes, pas un seul instant il ne reste dans le même état4.

Il n'y a pas de vide, l'univers est un solide plein4.

1. Guide, Introd., p. 15 ; cf. I, ch. 52, p. 199 ; cf. Aristote, Physique, IV, 10-12. Le temps n'est pas quelque chose de positif et de réel comme le pensaient les Moutakallimoun, Guide, I, ch. 73, p. 381.

Page 1