‹ MaïmonideChapitre 53 sur 195 · III, ch. 4G, p · texte numérisé non relu

III, ch. 4G, p

Intelligences épanchent des bienfaits et des lumières sur les corps des sphères célestes, celles-ci à leur tour versent des énergies sur les créatures périssables en leur donnant ce qu'elles ont reçu de plus fort des Intelligences. L'épanché ment qui vient de Dieu se communique de proche en proche à la hiérarchie des Intelligences pures jusqu'à l'intellect agent auquel s'arrête la production des Intelligences pures. De chaque Intelligence émane également une sphère dont la plus voisine de notre globe est la sphère de la lune. Puis viennent les créatures de ce bas monde qui naissent et meurent. De chaque sphère, des énergies se transmettent aux éléments jusqu'à leur dernier aboutissant qui est ce monde périssable1.

Tout ce qui est né a nécessairement une cause qui l'a fait naitre2. Cet efficient prochain ne peut être que matériel ou immatériel. Tout corps qui exerce une action sur un autre corps n'agit que par contiguïté, soit directe soit indirecte. La cause de toute création nouvelle dans ce monde, c'est le mélange des éléments, c'est-à-dire le rapprochement ou l'éloignement des corpuscules. Pour les formes, qui ne sauraient résulter du mélange des éléments, il faut également un efficient. Cet efficient est une forme immatérielle, car l'efficient doit être de la même espèce que la chose sur laquelle il agit3. Ajoutez que tout mélange est susceptible d'augmentation ou de diminution et s'élabore peu à peu, tout au contraire des formes. Elles ne sont donc pas l'effet du mélange qui ne fait que disposer la matière à recevoir la forme. L'efficient de la forme est indivisible, car son action est immatérielle et indivisible. Il est donc évident que l'efficient de la forme est nécessairement une forme, et ce, une forme pure, la dernière des intelligences pures, l'intellect agent.

Il est inadmissible que cet efficient immatériel produise

1. Guide, II, ch. 11, p. 95 etsuiv. On trouve dans la Théologie d'Aristofe une théorie analogue. Cf. Plotin, Ennéade.s, VI, îx, 9; voir aussi Cicéron, Acad. Quaest.,1.1, ch. 7.

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