‹ MaïmonideChapitre 54 sur 195 · II, ch. 4, p. 57 et suiv · texte numérisé non relu

II, ch. 4, p. 57 et suiv

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son impression par suite d'un certain rapport, attendu qu'il n > apasderappori de distance entre le matériel etl'immatériel. L'intelligence ou forme pure n'agit pas par contacl ni a une distance déterminée, puisqu'elle est immatérielle. Elle opère par épanchement, « semblable à une Bource qui s'épanche de tous côtés et qui n'a pas de côtés déterminés, ni d'où elle proflueni où elle se répande ailleurs, mais qui jaillit de partout et qui arrose continuellement tous les côtés, ee qui est près et ce qui est loin ». L'action de cette intelligence est permanente et, pour peu qu'une chose soit disposée, elle reçoit l'effusion.

Comme on l'a vu, l'économie du monde intérieur, du monde de la génération et delà corruption, n'existe et ne subsista que grâce aux forces qui viennent des sphères ((lestes1. Chaque espèce subit l'action des sphères en général et d'un certain astre en particulier. Chaque sphère est le principe d'énergie de tel élément spécial : la sphère de la lune meut l'eau, la sphère du soleil meut le feu, la sphère des autres planètes meut l'air, la sphère des étoiles fixes meut la terre. L'ordre de la nature serait donc celuici : quatre sphères, quatre éléments mus par elles et quatre forces émanées d'elles qui agissent dans la nature en général2.

Ces forces ont une action double : 1° elles engendrent tout ce qui nait; 2° elles conservent la chose née, les individus temporairement et l'espèce perpétuellement. Elles produisent d'abord des énergies formatrices qui sont la cause de l'existence de l'animal, puis des facultés nutritives qui le font se conserver et durer aussi longtemps que possible.

Le centre de l'univers est la terre. La sphère la plus rapprochée de la terre est celle de la lune et du soleil, puis vient la sphère des cinq planètes, puis la sphère des

1. Guide, II, ch. 10. — c II n'y a pas jusqu'à la moindre plante ici-bas qui n'ait son étoile au ciel », Beréschith rabba, sect. 10.

2. La force qui produit les minéraux, celle de l'âme végétative, celle de l'âme vitale, celle de l'âme rationnelle ; cf. Guide, I, ch. 72, p. 3G0 et suiv.

étoiles fixes, etenfîn, au-dessus de toutes, il est une sphère sans étoiles1.

À mesure que les corps se rapprochent du centre de l'univers qui est la terre, ils deviennent plus ternes, leur substance devient plus grossière et leur mouvement plus difficile, ils perdent leur éclat et leur transparence, en raison de leur éloignement du corps noble, lumineux, diaphane, mobile, subtil et simple de la sphère céleste 2.

Le mot « terre » s'emploie d'une manière générale et d'une manière spéciale. 11 s'applique, en général, à tout ce qui est au-dessous de la sphère de la lune, c'est-à-dire aux quatre éléments, et il se dit, en particulier, du dernier d'entre eux qui est la terre. Le mot terre signifie donc à la fois le monde inférieur, c'est-à-dire les quatre éléments, et la terre proprement dite3.

Tandis que les sphères et les astres ne périssent point, dans le monde sublunaire, seules les espèces demeurent, les individus disparaissent4. Les causes de la naissance sont elles-mêmes celles de la destruction5.

La matière du monde inférieur diffère totalement de celle du monde supérieur6. Celle-ci est l'éther, au lieu

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