I, ch. 72, p. 364 et
5. « Si les quatre facultés qui existent dans le corps de tout ce qui s'alimente, savoir, l'attractive, la coërcitive, la digestive et l'expulsive, pouvaient ressembler aux facultés intellectuelles, de manière à ne faire que ce qu'il faut, au moment et dans la mesure convenables, l'homme serait préservé de nombreuses maladies. Mais comme cela n'est pas possible et qu'au contraire elles remplissent des fonctions physiques, sans réflexion ni discernement, il s'ensuit qu'elles engendrent de graves maladies, quoiqu'elles soient le moyen par lequel l'animal naît et se conserve pendant un certain temps... 11 en est absolument de même pour l'ensemble de l'univers. La chose qui fait naître ce qui naît et en prolonge l'existence pendant un certain temps — savoir, le mélange des éléments produit par les facultés de la sphère céleste qui les mettent en mouvement, — est elle-même la cause qui amène dans l'univers des phénomènes nuisibles, comme les torrents, la grêle, les ouragans, etc. », ih., p. 367-369.
6. /&., p. 358 et suiv. ; ch. 75, p. 441 ; ch. 76, p. 454 ; cf. Arisfote, Du Ciel, IV, 3 et suiv.; Physique, IV, 5; Maïmonide, Ieçodé ha-Torah, ch. III, 'Û 10 et il.
!) i MAIMONIDE.
que la matière du monde sublunaire a reçu quatre formes qui sont la terre, l'eau, l 'air et le feu. Ce sont des corps Inertes el inanimés. L'air etle feu tendent vers la périphérie, l'eau ei la terre vers le centre1.
D'abord il \ a la terre, au-dessus d'elle est l'eau, audessus de l'eau plane l'air, et au-dessus de l'air le feu2. Par son mouvement circulaire, Féther imprime une motion aux éléments3; le feu et l'air sont refoulés vers l'eau, tous pénètrent dans la terre, de sorte qu'il en résulte un mélange des éléments.
Puis ils commencent à s'agiter pour retourner dans leurs régions respectives; des parcelles de terre se joignent à l'eau, à l'air et au feu, et ainsi les éléments agissent et réagissent continuellement les uns sur les autres. De ees mélanges sortent les vapeurs, puis les minéraux, puis les végétaux et enfin les animaux. Les éléments naissent les uns des autres et se perdent les uns dans les autres, car tout n'a qu'une seule matière et la matière ne peut pas exister sans forme pas plus que la forme physique ne peut exister sans matière. La génération et la destruction des éléments et des choses sublunaires suivent en quelque sorte un mouvement circulaire analogue à celui du ciel, si bien que le mouvement de la matière informée sous les modalités successives qu'elle revêt peut se comparer au mouvement du ciel qui ne change que par rapport à la position4.
Les principes des êtres périssables sont au nombre de trois : la matière, la forme et la déficience particulière r>.
La matière, avons-nous vu6, est réceptive et passive essentiellement, elle n'est active qu'accidentellement, tandis que la forme est active essentiellement et passive par