L AME
L'homme est mû par son âme qui est sa forme1. L'âme humaine n'est pas une substance, mais une activité unifiante. Elle est une avec, en même temps, de multiples et diverses activités2. Certaines de ces activités sont appelées « âmes ». De là vient que beaucoup d'hommes s'imaginent que nous avons plusieurs âmes, les médecins par exemple, dont le maître Hippocrate a posé en principe qu'il y a trois âmes : une naturelle, une vitale et une psychique3.
La faculté naturelle ou appétitive a sa source dans le foie, la faculté vitale a la sienne dans le cœur, la faculté psychique la sienne dans le cerveau4.
A ces trois facultés correspondent trois espèces « d'esprits ». Ce que les médecins nomment « esprits », ce sont des vapeurs subtiles qui circulent dans le corps de l'animal et qui tirent leur origine et leur principale matière de l'air appelé par la respiration5, La vapeur du sang qui existe dans le foie et dans les veines qui en partent se nomme « l'esprit naturel » ou « physique » , la vapeur du sang qui naît dans le cœur et dans les artères s'appelle « l'esprit vital » ; enfin, la vapeur qui se trouve dans les cavités du cerveau et qui de là se répartit dans les canaux des nerfs se nomme « l'esprit animal ou psychique ». Étant donné que tous ces esprits ont leur origine dans l'air et empruntent leur principale matière à l'air, dès que cet air est corrompu, ces esprits s'altèrent. Et plus l'esprit est subtil, plus il est altéré par la viciation de l'air.
Des esprits animaux qui concourent à former les sensa-
1. Guide, II, ch. 1, p. 33; Ieçodé ha-Torah, IV, 8. Cf. Aristote, De Anima, B, 1, 412a, 27-28 : « L'âme est l'acte primitif d'un corps naturel qui a la vie en puissance ».
2. huit Chap., ch. I. Cf. Aristote, De Anima, II, 2, 11; III, 9, 2-3; 10, :>; Galien, De Hippocratis et Platonis placitis, 111, 1; V, 4, 7; VI, 2; Avicenne, dans Schahrastani, II, 318. Porphyre n'admet pas de parties dans l'âme, mais des activités diverses d'une Ame qui est une.