Guide, 1, ch. 7, p. 51; ch. 1, p. 37; III, ch. 8, p
pas obtenu la forme, qui reste une âme sans intelligence, n'a aucune valeur1.
La perception intelligible n'a pas son siège dans la matière, mais elle s'y rattache par la faculté de penser qui est une faculté physique. La faculté rationnelle est une l'acuité dans un corps et inséparable de ce dernier2.
Par contre, l'intellect acquis ri est pas une faculté dans un corps, il est séparé du corps sur lequel il s' épanche*6 .
Mais alors le moi humain n'est pas une unité, il est une dualité! Observation qui se renforce de l'affirmation que seul l'intellect acquis est immortel et, à l'heure de la mort, se détache du corps4. — En réalité, durant la vie de l'homme, l'intellect acquis se confond avec l'âme, et c'est dans ce sens que les connaissances intelligibles se trouvent liées à la matière5. Aussi bien, la raison est la forme dont l'âme est la matière, et matière et forme constituent un tout. L'intellect acquis est la forme de la forme que l'homme s'assure par son effort personnel. Il est une substance séparée et simple, il est l'intellect qui s'épanche sur nous et qui est le lien entre nous et Dieu6.
Dans l'esprit humain, Aristote distingue entre le nous pathétikos et le nous poïétikos. L'intellect n'est primitivement qu'une pure disposition, il passe à l'acte quand il reçoit les formes, c'est-à-dire l'essence des choses. L'intellect reçoit d'abord ces formes passivement, c'est-à-dire comme des objets extérieurs à lui : c'est le nous pathétikos. Puis commence l'activité propre de l'intellect pensant. Dans les formes qu'il a reçues, il reconnaît, non
1. Huit Chap., ch. 1; leçodc ha-Torah, IV, 8; Guide, III, ch. 8; Aristote, De anima, II, 1, § 4 et G.