Guide, 111, ch. 52, p. 452; II, ch. 12, p. 102 et suiv
quelque chose d'étrangère Lui-même, mais sa propre nature, si bien qu'A ce moment l'intelligence et la connaissance Intelligible ne forment qu'un. Cette positivité obtenue par L'activité pensante est le nous poïctikos. L'intellecl passif esl à l'intellect actif ce que la matière esta la forme, !<> premier est, périssable, le second immortel.
Les péripatéticiens arabes se sont efforcés de concilier Axistote avec les idées alexandrines, principalement avec la doctrine de l'émanation. D'après les philosophes arabes, L'intellect actif n'est pas une puissance de l'àme humaine, ^ niais la dernière des intelligences pures.
Pour Maïmonide, c'est grâce à l'action de l'intellect agent que chaque matière reçoit sa forme, que ce qui est en puissance passe à l'acte. Les causes des créations nouvelles dans ce monde se trouvent dans le mélange des éléments qui agissent et réagissent les uns sur les autres. Quant aux formes dont la naissance ne saurait s'expliquer par le seul mélange des éléments, leur cause est une forme sans matière. Le mélange ne fait que disposer la matière à recevoir la forme, l'efficient de la forme est une forme pure. Cet efficient qui est immatériel n'opère point par contact, il ne peut ni se rapprocher ni s'éloigner (il n'existe pas de rapport de distance entre le corporel et l'incorporel), il n'y a en lui aucune possibilité ni changement, il est toujours actuel. L'action de l'intellect agent s'exerce perpétuellement sur tout ce qui est disposé et, si son action n'apparaît pas, cela est dû à la déficience de la matière1. L'intellect agent répand sans trêve ni cesse ses formes. C'est lui qui détermine l'intellect hylique à se transformer en intellect acquis2.
1. Guide, II, ch. 12, pp. 99 et 100; ch. 18, p. 133 et suiv. ; I, ch. 63, p. 311.
2. Guide, II, ch.4, p. 57; III, ch. 8 ; Iecoclc ha-Torah, IV, 8. Rappelons qu'il y a, outre l'Intelligence suprême qui est Dieu, dix Intelligences dont la première, qui émane directement de Dieu, est celle de la sphère du mouvement diurne environnant tout l'univers, et dont la dernière, émanée de l'Intelligence de la sphère lunaire, est l'intellect agent universel. Cf. Avicenne, Nadjât, pp. 71-77; Icharât, pp. 167-175; Albert le Grand, De Causis, liv. I, tr. iv, cap. 8. C'est la sphère céleste qui, par son mouvement, gouverne
■ Pour Aristote, il n'y a pas de nous extérieur à l'esprit humain qui agisse sur lui à la façon de l'intellect agent de Maïmonide, quoique Maïmonide attribue cette conception à Aristote. D'après Aristote, la raison a reçu originellement la disposition à se développer par sa propre spontanéité dans le sens de l'objectivité. L'intellect passif est la matière que l'activité propre delà raison transforme en intellect actuel et éternel. Pour Alexandre d'Aphrodisias, le nous poïétikos c'est Dieu ; l'homme n'a que le nous pathélikos ou hylique, son âme n'est pas immortelle. Selon Thémistius, la raison est une substance séparée et immortelle. Alfarabi et Algazali suivent Thémistius. Avec Alexandre, Maïmonide place le nous poïétikos en dehors de l'homme, mais il ne l'identifie pas à Dieu, il y voit une des Intelligences pures; avec lui encore, Maïmonide admet que l'intellect hylique est périssable; mais d'autre part, Maïmonide affirme l'immortalité de l'intellect acquis. Arrivé à ce degré, l'intelligence humaine connaît son propre être et les essences intelligibles1.
L'opération propre de l'intellect consiste à penser la forme. Gomme la raison est une forme, elle ne peut s'identifier qu'avec la connaissance d'objets qui sont euxmêmes des formes. Avant de penser, l'homme est intelligent en puissance ; il devient intelligent en acte, lorsqu'il abstrait la forme de la matière. L'intellect qui a passé à l'acte n'est autre chose que la forme abstraite dans l'esprit; intellect et intelligible s'identifient. L'intelligible résulte nécessairement de l'intellect, l'intellect étant l'efficient de l'intelligible en tant qu'intelligible2. De même, l'intelligent se confond avec l'intellect en acte, car l'essence de tout intellect consiste dans son activité;
les autres parties de l'univers et c'est elle qui envoie aux substances et aux êtres les facultés dont on les voit doués. Ces facultés sont au nombre de quatre : celle qui détermine le mélange et la composition pour la production des minéraux, celle qui donne l'âme végétative aux plantes, celle qui communique l'âme vitale à tout ce qui vit, enfin celle qui donne, la faculté rationnelle à tout être raisonnable, Guide, I, ch. 72, p. 361.
1. Guide, \, cb. 68, p. 304 et suiv.; cf. la note de Munk, ad loc.