Guide, II, ch. 20, p
intellect et connaissance c'est tout un. Donc, intellect, intelligent et intelligible sont une seule et même chose dans la pensée en.ûcte, alors qu'ils sont trois choses distinctes tant qu'ils sont en puissance1.
Dieu étant intellect en acte est éternellement intellect, intelligent et intelligible en une seule et môme réalité. Chez L'homme, le même fait a iieu quand il est intellect en acte, mais ce n'est que par moments que nous passons de la puissance à l'acte. De même, l'intellect agent universel éprouve quelquefois un empêchement à son action. Cependant cette interruption ne saurait être attribuée à l'intellect lui-même qui est essentiellement acte, mais à la déficience de la matière2.
L'intelligence dans son entéléchie, c'est-à-dire dans toute sa réalité, se pense elle-même. Les connaissances de l'intellect acquis se caractérisent en ce que d'abord elles sont appréhendées au moyen de l'intuition rationnelle et qu'ensuite elles se rapportent à des êtres existants qui, ou bien en eux-mêmes sont exempts de matière, ou que l'homme, par l'opération rationnelle, dégage de la matière3. La science, c'est-à-dire les connaissances qui constituent
l.Guide,l,th. 68, p.304etsuiv. «La première de ces facultés, dit Avicenne, est une faculté disposée pour recevoir les intelligibles que quelques-uns appellent l'intelligence matérielle. C'est la niche destinée à recevoir une lampe. Elle est suivie par une autre faculté qui se manifeste en elle quand les premiers intelligibles y paraissent, et par laquelle elle est préparée à recevoir les seconds intelligibles, soit par la réflexion qui est comme l'huile d'olive si elle est faible, soit par l'intuition qui est encore comme l'huile d'olive si elle est plus forte; cette autre faculté s'appelle intelligence de possession et elle est comparable au verre de lampe. Puis vient la faculté noble, celle qui atteint au plus haut degré : c'est la faculté sainte; limite est presque allumée. Ensuite paraissent une faculté et une perfection, et c'est comme une lumière sur une lumière. La faculté produit l'intelligible acquis, dont on s'occupe comme un spectacle, quand elle veut, sans avoir besoin d'une acquisition nouvelle; elle est la mèche de la lampe. La perfection s'appelle l'intelligence acquise, et la faculté s'appelle l'intelligence en acte. Ce qui fait passer l'intelligence de possession à l'acte complet et l'intelligence matérielle à l'état d'intelligence de possession, c'est l'intellect agent ; et c'est le feu », Icharât, p. 26; voir Carra de Vaux, Avicenne, pp. 221 et 222. Hasdaï Crescas combat l'identification de Maïmonide, dans Or Adonai, 1V« partie, 11 et IIe partie, 6.
2. Guide, I, ch. 68, pp. 310 et 311; II, ch. 12 et 18; .cf. Aristote, Métaphys., liv. XII, ch. 7.