Comment, sur Abôth, III
LA CONNAISSANCE. ill
l'intellect acquis, est à la forme humaine ce que la faculté visuelle est à l'œil1.
C'est par l'intellect agent2 émané de Dieu que nous pensons, que la raison passe à l'acte. Cet intellect s'épanche sur nos facultés, à proprement parler sur la raison3, comme une source intarissable qui proflue de tous les côtés. C'est grâce à l'épanchement de l'intellect agent que nous percevons l'intellect agent, que nous entrons en communion avec Dieu4. La perception de l'intellect agent fait que nous saisissons les êtres de la manière dont luimême les perçoit. Après l'acte d'intuition intellectuelle, l'action de l'intellect demeure, la forme est retenue vivante dans la raison. L'acte d'intuition devient acte d'acquisition positive et permanente, l'intellect réceptif est devenu positif, au moi sensible s'est substitué le moi intelligible.
L'intellect humain devenu intellect en acte, c'est la perfection : en concevant l'intelligible, l'homme acquiert les vertus intellectuelles et s'assure l'immortalité5. Une fois l'intelligent et l'intelligible identifiés, il n'y a plus oubli, parce que les facultés inférieures, l'imagination et la mémoire, n'ont plus aucune part dans la connaissance6.
Intelligence en acte, connaissance intelligible, connaissance et amour de Dieu, vraie science, religion véritable, perfection, bonheur, immortalité, fin dernière, tout cela coïncide, tout cela est un7.