Aristote, Métaphysique, liv. XII, ch
Mais cela ne saurait se continuer à l'infini, en vertu de la troisième proposition : «L'existence d'un nombre infini de causes et d'effets est inadmissible ». Or, tout mouvement du monde sublunaire aboutit à la sphère céleste, laquelle est douée du mouvement de translation, qui est antérieur à tous les mouvements 4. Mais cette sphère est également mue, elle a donc elle aussi un moteur.
Le moteur de la sphère céleste a nécessairement un de ces quatre caractères : ou ce sera un autre corps en dehors d'elle, ou une intelligence pure, ou une force immanente à elle-même, ou une force indivisible. Le premier, le troisième et le quatrième cas étant reconnus impossibles, il reste que la cause première du mouvement de la sphère céleste est une intelligence pure. Il est donc démontré que le moteur premier de la sphère céleste, si celle-ci est animée d'un mouvement permanent, ne peut être ni un corps, ni une force dans un corps, de sorte que ce moteur est immobile, donc indivisible et immuable. Ce premier moteur, c'est Dieu2.
On peut présenter la démonstration sous une autre forme. On peut envisager le mouvement sous trois aspects : le mû, le moteur, le moteur du moteur. Il y a le mû qui meut; mais il y a aussi le mû qui ne communique pas plus loin l'impulsion reçue (la pierre qui, mue par la main, ne meut pas autre chose) ; par conséquent, il faut qu'il existe aussi un moteur qui ne soit point mû, c'est le moteur premier 3.
Une autre preuve de l'existence de Dieu se tire de la nature de l'être nécessaire.
Il y a des êtres. Trois cas sont possibles : 1° ou bien
1. Guide, II, ch. 30, p. 244; cf. I, ch. 72, p. 362 et II, ch. 1, p. 31.