ACTE DEUXIEME
SIMON
Failes-le entrer !
RIBOUIS, appelant à la porte de gauche.
Monsieur Garrigue I
SGÈx\E VI SIMON, GARRIGUE.
GARRIGUE, à Simon.
Je ne te dérange pas?
SIMON
Nullement... Monsieur Ribouis, allez vite. (Rihouis sort.) Par exemple, tout à l'heure je te flanquerai à la porîG : je sors avec Colette.
GARRIGUE
Ah ! ce n'est pas toi qui m'attires... Est-ce que madame Féverolles est arrivée ?
SIMON
Pas encore... C'est pour madame Féverolles que tu viens ici ?
GARRIGUE
Pour elle ! Je suis fou de cette femme-là. Elle me fait trotter à elle seule plus que toutes les autres réunies. Elle ne veut pas me voir chez moi ; elle n'est jamais chez elle ; eUe me reçoit en visite chez les autres.
SIMON
Comment?
GARRIGUR.
Elle me dit : « Je serai de deux heures à deux
heures un quart chez madame Hunetelle, de trois heures et quiirt à trois heures et demi chez les Chose, de trois et demie à quatre chez les Machin et ainsi do suite. Je commence une déclaration place de l'Etoile pour la terminer au lion de lielfort. C'est l'intrigue ambulatoire, le flirt qui marche...
Par exemple^ il n'y a qu'elle qui ne marche pas.
SIMON
Ça t'occupe I
GARRIGUE
Trop I Aujourd'hui, elle doit me rendre visite chez ta femme de deux à trois, ou plus tard, de quatre à cinq. Il est moins le quart ; si elle n'est pas là cà trois heures, c'est qu'elle aura changé d'idée ; ce qui lui arrive en moj'enne cent fois par minute. J'ea serai quitte pour repasser.
SIMON
Mon pauvre Garrigue, à ce train-là, tu n'y résisteras pas I
âARRIGUK.
Tu as raison I Tu devrais bien me trouver une maîtresse qui m'empêche de m éparpiller.
SIMON
Ah! J'ai ton affaire I...
GARRIGUE
Qui ça?
SIMON
Hortense I Celle-là te fixerait, je t'en réponds l
Bah I ça tient toujours ?
SIMON
Gomme de la glu ! Depuis deux mois. J'ai eu la