‹ Main gauche; comédie en trois actesChapitre 34 sur 73 · ACTE DlîUXlîiiME · texte numérisé non relu

ACTE DlîUXlîiiME

sottise de me fourrer dan^^ le traquenard! Je voulais reprendre mes lettres. Ilortense a pleuré: je tne suis sauvé promettant de revenir... et je n'ai pas eu mes lettres.

GARRIGUE

Tu y es retourné ?

SIMON

Le lendemain.

GARRIGUE

En ami... en ami seulement jespùre. (simon penaud baisse la tête.) Quoi?.., Pas [lossible ! Tu as?...

SIMOX, confus.

Dame! que veux-tu? Elle pleurait, il n'y avait que ce moyen de lafaire taire ?Elle saitbien, la mâtine que je ne peux pas voir pleurer une femme ! Je mo mets à sangloter aussi, et alors, je suis fichu ! EII9 a naturellement abusé de la situation I Et c'est à nouveau l'esclavage. Je n'ai plus un moment libre je vis sous la menace d'un message d'Hortense.

GARRIGUE

Elle t'écrit?

SIMON

Pas moyen ! J'ai repris un vieux truc deBridier, pour m'appeler, Hortense m'envoie le « Journal dei Entrepreneurs » ; pour me déco !:mander,el]e m'envoi« « le Billard». Je dois à la vérité d'avouer qu'elle m'envoie plus souvent le vJoiirnal des Entrepreneurs ».

GARRIGUE

Je retiens le moyen.

SIMON

Âh i mon vieux t Tu ne sais pas ce que c'est que

d'avoir le « Journal des Entrepreneurs » suspendu sur la tête 1 II fait beau... je veux sortir avecina femme., ma vraie femme I Vlan! « Le Journal des Entrcpre^ neurs », Il fait laid, il pleut, je resterais volontiers au coin du feu, à lire ou à songer ! « Le Journal des Entrepreneurs » surgit; un concert me plaît: « Le Journal des Entrepreneurs » m'interdit d'y aller. Je n'ai pas une minute, tu entends, pas une qu'il ne me gâte I ..

GARRIGUE

Tu n'as qu'à désobéir.

SIMON

Je ne peux pas ! on m'a prévenu I En cas de rébellion on m'envoie le « Journal des Entrepreneurs » trois fois, et après ces trois sommations, ma femme reçoit mes lettres. Alors comme le service postal est très mal fait dans ce quartier, j'ai toujours peur d'avoir manqué une sommation. C'est une terreur continuelle qui me poursuit, qui m'affole, je deviens sombre, triste, ombrageux. Ma femme s'inquiète et me questionne. Je réponds mal ou je ne réponds pasi Nos caractères s'aigrissent ; mon ménage m'estde plus enplus insupportable 1

GARRIGUK.

Tu te consoles là-bas I

Là-bas ? C'est encore pis. Des récriminations à n'en plus finir I des reproches ! et mieux que ça I Figuretoi qu'Hortense est jalouse par dessus le marché. Oui, jalouse de ma femme! P211e m'oblige à déménager, à quitter cotte maison, où je suis si bien, pour me rapproclier d'elle. Et comme je tarde à m'exécuteti ce sont des scènes de fureur, de sanglots I...

GARRIGUE

QuQ tu calmes, je devine comment.

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