ACTE DEUXIÈME
BRIDIER, entrant, un mètre à la main.
Les dimensions sont bonnes !... Lavarôde ! où est- 1?
RIBOUIS
Ah I Monsieur Bridier I II se passe des drames épouvantables 1
BRIDIER.
Diantre I
RIBOUIS
M. Lavarède trompe sa femme I
BRIDIER, joyeux.
Allons donc I Je le lui avais prédit.
RIBOUIS
En ce moment, il est chez sa maîtresse. Sa femme vient de l'apprendre par madame Bridier.
BRIDIER.
Sacrelotte 1
RIBOUIS
Et madame Lavarède est partie à la piste de son mari I
Fichtre I II faut avertir Simon ! Gourez-y I
RIBOUIS, navré.
Mais je ne peux pas, moi ! Je ne suis qu'un pauvre secrétaire. Je ne peux pas me fourrer entre l'enclume et l'écorce, entre l'arbre et le marteau I Je perdrais ma place ! Si j'avertis M. Lavarède, je m'attire la haine de madame Lavarède,
BRIDIER.
Très juste. Mais si vous ne l'avertissez pas, Si» mon vous flanque à pied.
76 MAIN GAUCUE
RIBOUIS
Ah I Monsieur Bridier ! Allcz-y, vous qui ne dépendez de personne I
BlUDIER.
Vous êtes bon I Je dépends de madame Bridier, Jiélas ! Enfin, tant pis, je risque le coup 1 Mon chapeau.
RIBOUIS^ entrant à gauche.
Merci, monsieur. Il y a une station de fiacres au coin de la rue 1 Ne dites pas que c'est moi qui v0u3 ai envoyé, surtout.
BRIDIER.
Pas de danger I Comptez sur moi ! (Ribouis sort. )Ma chère épouse ! Je la reconnais bien là I Dès que le torchon brûle dans un ménage, elle accourt avec sa petite'burette d'huile.
Il va pour sortir à gauche et se heurte à madame Bridier.