SCÈNE X COLETTE, SIMON
SIMON, après un silenoe.
COLETTE, glacée.
SIMON
Je ne suis pas aussi coupable que tu le crois !
COLETTE, se retirant.
Ah ! non, je vous en conjure, pas de discours ! Vous avez fait de cette entrevue une condition expresse de votre consentement au divorce : je pense que c'est pour discuter intérêt.
SIMON
L'intérêt, ça m'est égal, l'intérêt I Colette, je t'en supplie, écoute-moi.
GOLETTB.
Je n'écouterai rien qui n'aura pas trait aux questions d'intérêt. Ne perdons pas notre temps.
SIMON
Tu es impitoyable !
COLETTE
Ce n'est pas de ma faute, je ne vous crois plus.
Tu ne veux même pas que je me défende.
COLETTE
A quoi bon ?
SIMON
Quand tu connaîtras la vérité?
COLETTE
Ce que j'ai vu me suffit... Et je ne la croyais pas si douloureuse... Quand je vous ai suivi là-bas, ce n'était pas pour vous surprendre, allez, mais pour vous justifier ; j'avais tant de foi en vous que je ne voulais pas conserver ce soupçon.
SIMON
Et parce que les apparences sont contre moi, tu me condamnes sans m'entendre !..
COLETTE
Oh 1 si vous m'aviez laissé le moindre doute où me rattacher, je vous aurais permis de vous défendre, je vous y aurais même aidé. Mais, non, vous n'avez pas cessé de mentir.
SIMON
Aussi, c'est la faute de Bridier avec ses conseils...
COLETTE
Tout à l'heure, pris sur le fait, vous mentiez encore, et avec quelle maladresse I
Idiot de Bridier.
COLETTE
La déception est rude et j'aurai du mal à m'en remettre; vous m'avez gâté jusqu'au passé, nos meilleurs souvenirs. Aussi je ne sii|;>pcrtcrai plus la vie en commun. 11 faut nous sé]viicr.
SIMON
Pour quelque temps seulement?
COLETTE
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