‹ Main gauche; comédie en trois actesChapitre 67 sur 73 · SCÈNE X COLETTE, SIMON · texte numérisé non relu

SCÈNE X COLETTE, SIMON

SIMON, après un silenoe.

COLETTE, glacée.

SIMON

Je ne suis pas aussi coupable que tu le crois !

COLETTE, se retirant.

Ah ! non, je vous en conjure, pas de discours ! Vous avez fait de cette entrevue une condition expresse de votre consentement au divorce : je pense que c'est pour discuter intérêt.

SIMON

L'intérêt, ça m'est égal, l'intérêt I Colette, je t'en supplie, écoute-moi.

GOLETTB.

Je n'écouterai rien qui n'aura pas trait aux questions d'intérêt. Ne perdons pas notre temps.

SIMON

Tu es impitoyable !

COLETTE

Ce n'est pas de ma faute, je ne vous crois plus.

Tu ne veux même pas que je me défende.

COLETTE

A quoi bon ?

SIMON

Quand tu connaîtras la vérité?

COLETTE

Ce que j'ai vu me suffit... Et je ne la croyais pas si douloureuse... Quand je vous ai suivi là-bas, ce n'était pas pour vous surprendre, allez, mais pour vous justifier ; j'avais tant de foi en vous que je ne voulais pas conserver ce soupçon.

SIMON

Et parce que les apparences sont contre moi, tu me condamnes sans m'entendre !..

COLETTE

Oh 1 si vous m'aviez laissé le moindre doute où me rattacher, je vous aurais permis de vous défendre, je vous y aurais même aidé. Mais, non, vous n'avez pas cessé de mentir.

SIMON

Aussi, c'est la faute de Bridier avec ses conseils...

COLETTE

Tout à l'heure, pris sur le fait, vous mentiez encore, et avec quelle maladresse I

Idiot de Bridier.

COLETTE

La déception est rude et j'aurai du mal à m'en remettre; vous m'avez gâté jusqu'au passé, nos meilleurs souvenirs. Aussi je ne sii|;>pcrtcrai plus la vie en commun. 11 faut nous sé]viicr.

SIMON

Pour quelque temps seulement?

COLETTE

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