‹ Main gauche; comédie en trois actesChapitre 9 sur 73 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

COLETTE, à Ribouia.

Monsieur Ribouis, votre café est servi, il se refroidit. Il est venu quelqu'un tout à l'heure?

RIBODISj sortant à droite.

M. Garrigue, il n'a pas voulu rester.

II sort.

SIMON

Monsieur Garrigue? Figurez-vous que je ne l'ai pas vu dopuis mon mariage.

MADAME FÉVEROLLES.

Vous n'avez vu personne. Vous vivez en reclus.

MADAME BRIDIER.

Allons donc ! Tous les jeunes mariés font un peu la fête.

SIMON

Vous me croirez si vous voulez : je ne me suis pas marié pour ça I

COLETTE

Notre existence manque d'incidents, c'est déplorable ! Nous avons commencé, Simon et moi, le journal de notre ménage, (eUo tire un carnet de la table.) OÙ

nous notons les faits importants de chaque semaine.

MADAME FÉVEROLLES.

Oh ! montrez-moi I

SIMOK) escamotant le carnet.

Non; vous seriez volée! Les couples heureux n'ont pas d'histoire...

Attendez! Flies vouô viendront comme aux autres. (a Simon.) Vois n, •.«■/. p ts uu Caractère à êlrc hcurcux longle:npp, vous.

iO MAIN GAUCHE

SIMON

Qu'en save^-vous? Je ne montre pas mon caractère à tous les passants.

MADAME BRIDIER.

Pariez- VOUS que je vous le définis séance tenante?

SIMON

Voyons I

MADAME BRIDIER.

Je vous demanderai votre main.

SIMON

Si c'est pour un mariage, il est trop tard.

MADAME BRIUIBR.

Non I C'est pour lire dedans.

COLETTE

Ah*! vous allez lui dire des vérités?

MADAME BRIDIER.

Certainement I (a Simon.) Donnez-moi votre main, la gauche I

Vous me la rendrez ?

MADAME BRIDIER.

N'ayez pas peur. (Elle regarde dans la main de Simon.)

D'abord, vous êtes irrésolu, hésitant, capricieux, vous n'avez pas de volonté.

COLETTE

C'est vrail i

MADAME BRIDIER.

Vous êtes sensible, tendre, bon garçon.

SIMON

Et môme un peu bébête, alléz-y i

Page 1