ACTE PREMIER
MADAME BRIDIER.
Que non I Vous êtes très dissimulé, sans en avoir l'air. Vos amis les plus intimes ne vous connaissent pas.
SIMON
Naturellement. S'ils me connaissaient, ils ne voudraient plus être mes amis intimes !
MADAME BRIDIER.
Vous VOUS laissez facilement entraîner. Ça vous jouera de mauvais tours, car votre femme est trop faible pour vous.
SIMON
Dame! nous n'avons que moi d'enfant... Et puis?
Oh! oh! qu'est-ce que j'aperçois là? (Montrant U main à Colette.) Regardez là, cette croix dans la ligne de chance I Monsieur Lavarède, vous avez eu, il y a quelques mois, une crise importante dans votre passé.
MADAME PKVER0LLE8.
Son mariage
MADAME BRIDIER.
Un peu avant I La croix est très nette. Il y a six
mois, un an au plus, vous avez eu des ennuis, des
complications.
SIMON, gêne.
Quelle idée!
Il retire la main.
COLETTE
Je vous assure que vous vous égarez! il me l'aurait dit, il m'a tout dit.
MADAME BniDIER.
Ah ! n)cltons que ma scion-e est en défaut! Tout
de même, ma chère petite, prenez garde à cette main c'est une rnain do volage !
SIMON
Kt avec ça ? Je vous en prie, ne vous gênez pa? pour moi. On m'y reprendra ù la chiromancie? Vou^ avez examiné ma main gauche^ ça ne compte pas, c'est la main de l'inlidélité.
COLETTE
'J'oi, si tu me trompes 1
MADAME FÊVEROLLES,
Que forez- VOUS?
COLETTE
Je me tuerai d'abord.
SIMON
Et ensuite ?
COLETTE
Ensuite rien I Puisque je me serais tuéel
SIMON
Pas de danger, tu es trop maladroite^ lu te serais ratée.
GOLBffTE.
Va, j'ai confiance en toi.
MADAME FÉVHROLLES.
Pour une femme, c'est le meilleur système de défense.
MADAME BUIDIER.
Vous croyez ça? (Regardant du côt(S de Bridier.) Une
de mes amies avait un mari qu'elle entourait de soins, un mari calme, bien plus âgé qu'elle, pas beau, pas brillant, un mari de tout repos. Elle pouvait avoir confiance )