Science et psychologie, p. lli
qui est vraiment en nous et aussi intérieur que nousmêmes? « Lorsque je pense à Dieu, à la cause universelle, je vois Dieu, et non pas sa représentation, comme dans une idée qui aurait un objet distinct d'elle-même au dehors; comme en pensant à la lumière qui m'éclaire je la vois et non pas seulement son idée^ » Nous voyons Dieu et, en lui, les vérités éternelles.
Cette vision est un fait, plus que cela, elle est nécessaire. Qu'on nous ferme cette issue et qu'on nous isole de la vérité substantielle, quelle fixité pourra-t-il y avoir dans nos jugements et quelle certitude? Nous en sommes réduits à nos idées et à nos opinions. Mais « autre chose est une opinion, une idée de la vérité et la vérité même, comme autre chose est la ressemblance d'un objet et cet objet même ». L'opinion est variable, la vérité est immuable; l'opinion est douteuse, la vérité est certaine. Pour que la certitude ne nous échappe pas irrémédiablement, il faut que nous puissions dépasser l'opinion, il faut que nous ayons un « moyen direct d'atteindre la vérité ». Et il en est ainsi. « La réalité absolue de l'être peut se manifester immédiatement à notre âme, autrement que par des idées qui, nous donnant une ressemblance supposée de l'être réel ouvrai, et non point cet être, ne sauraient porter avec elles le critérium de la vérité même, de la ressemblance à l'objet 2. »
Nous voyons Dieu, les vérités en lui, à sa lumière. — A sa lumière! Maine de Biran se reproche de n'avoir pas pris garde plus tôt à cette métaphore usuelle et banale et