Œuvres inédiles..., t. I, p
234 MAINE DE BIRAX.
c'est dans la comparaison qu'est l'activité; la préférence n'en est que le résultat i. »
Cette comparaison, la liberté en a l'initiative : elle peut en prolonger la durée et, d'une manière indirecte, en modifier les résultats. Les passions et les sentiments sont en présence et la victoire est assurée à celui qui pèsera d'un poids plus lourd sur la volonté ; mais nous avons un moyen pour faire varier ces poids, l'attention. « L'activité de l'attention rendant l'idée plus vive, en rapproche, pour ainsi dire, l'objet, et accroît le sentiment qui y est associé, au point de le faire prévaloir sur l'émotion présente, qui s'affaiblit et prend à son tour les couleurs d'un objet éloigné. C'est ainsi que la liberté morale se trouve garantie 2, » La décision finale dépend de l'attrait qu'exercent sur nous les passions et les sentiments. Mais cet attrait n'est pas une chose donnée, fixe, immuable; il résulte de l'attention qui est active et libre. Nous sommes ainsi tout à la fois les maîtres et les esclaves de nos passions et de nos sentiments, nécessités et libres. Maine de Biran a pu croire un instant qu'il éclaircissait ainsi le mystère delà liberté. Une l'a même pas atténué; il l'a seulement déplacé. Il le sent déjà et se mettra bientôt en quête d'une explication meilleure.
Après avoir, pour la mettre à l'abri d'une difficulté, fait remonter la liberté de la résolution jusque dans la comparaison, il ajoute immédiatement ces paroles : « L'homme sensible préfère nécessairement le meilleur, mais le meilleur n'est reconnu ou jugé tel que par l'être actif