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LA VIE DE l'esprit. 235

qui fait un effort pour le chercher, et qui y arrête volontairement sa pensée i. » Il faut donc chercher le meilleur, et cette recherche ne va pas sans effort. Quand on l'a trouvé, il faut y arrêter volontairement sa pensée. Or chercher le meilleur, le chercher avec effort, y arrêter volontairement sa pensée, ce sont sans doute les antécédents, ou si l'on veut, le début d'un acte qui, dans son tout complexe, peut être appelé libre ; mais ce sont aussi des actes, et des actes libres. Qu'est-ce qui les détermine? Pourquoi chercher le meilleur? Pourquoi, après l'avoir trouvé, y arrêter volontairement notre pensée, pour rendre son influence prépondérante? Est-ce que cela ne suppose pas qu'il y a, précédant toutes nos préférences particulières et accidentelles, une préférence primitive, fondamentale, qui sollicite la liberté, la guide dans ses recherches, la meut du dedans jusqu'à ce qu'elle se soit fixée dans le parti qu'elle lui suggère et vers lequel, à travers ses hésitations apparentes, elle l'acheminait. En un mot, avant qu'il devienne conscient dans une résolution pratique, le choix est déjà fait par nos tendances; et qui les connaîtrait bien, pourrait l'y démêler. « L'homme sensible préfère nécessairement le meilleur^ » ; et, par suite, il le veut d'une volonté essentielle, antérieure à tous les actes. Cette volonté manifestement n'est pas libre ; c'est une tendance passive. Elle est fixée avant l'intervention du moi; elle ne relève pas de nous. D'où vient-elle? 11 y avait là une question sans réponse. Et, comme cette tendance est dominatrice, on voit que par elle la liberté va

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