LIVRE III
Chapitre premier. — La matière ae la connaissance; l'inconscient. — ■ La sensation n'est pas de la « pensée amortie », comme le voulait Stahl; elle est inconsciente par nature. — Elle suppose, analogue à l'effort, une énergie qui s'exerce et se déploie. — A son tour, cette énergie requiert un principe vital, supérieur à l'organisme et distinct de l'àme pensante, inconscient comme elle et plus encore. — Ce principe a sa manière à lui de réagir aux impressions extérieures ; de là les émotions sourdes, celles dont la cause n'ap- \)B.vdli pas. — Traduction de nos états d'àme dans l'inconscient : hypnotisme et suggestion 162
Chapitre IL — La forme de la connaissance. — La forme de la connaissance est le moi. — Il ramène les sensations à l'unité par la conscience qu'il en acquiert. — Les idées générales : elles sont arbitraires. — Les notions : elles ont leur fondement et leur objet dans le sujet dont elles représentent les différents caractères, à savoir la force, la cause, la substance, l'unité, l'identité, la liberté et la nécessité. — Grâce à ces notions et aux principes qui en dérivent, le moi coordonne les sensations; de plus, il les dépasse soit en se saisissant lui-même d'une prise directe, soit en concevant
le monde à sa propre ressemblance. — La forme d'après Kant et Maine de Biran : l'analogie n'est guère qu'apparente 183
Chapitre III. — L'union de la matière et de la forme. — Divers degrés auxquels l'activité du moi peut s'emparer des sensations; de là quatre sy.stèmes : le système affectif, le système sensitif, le système perceptif et le système réflexif. — ■ Perception du monde extérieur : 1° nous percevons notre corps par l'effort et les corps étrangers par la disproportion qui se révèle entre l'effort et la résistance ; 2° notre corps est le sujet et la substance des affections, il n'en est pas la cause; 3° il est aussi le sujet des intuitions, leur cause se trouve hors de nous dans la force que le tact nous manifeste. — Le .souvenir : 1» les sensations ne sont que la matière du souvenir, le moi en est la forme; 2" nous ne nous souvenons pas de nos affections, mais seulement de nos mluilions; 3" le souvenir consiste en ce que le moi reprenne conscience des intuitions passées et s'y retrouve lui-même : 4" il se fonde, par suite, sur l'identité du sujet 200
Chapithe n'^. — La croyance. — Problèmes que suscite la doctrine précédente : quelle est la valeur du principe de causalité? que devient le moi pendant ses intermittences 'i qu'est-ce que l'âme ? quel rapport y a-t-il entre le conscient et l'inconscient? — Maine de Biran sent le besoin de compléter son système. — Théorie de la cro5-ance : l" son objet; 2° sa nature; 3° les principes de la raison qui la fondent, deviennent des formes vides qui sont connues dans l'expérience et trouvent en elle leur matière, ce sont les lois de la pensée. — Progrès graduel de la croyances elle va du confus au distinct, de l'implicite à l'explicite 216