‹ Maine de BiranChapitre 16 sur 140 · Pensées, p. p · texte numérisé non relu

Pensées, p. p

2. Ce que le monde nomme plaisir, je l'ai goùlé dans toute son étendue... Souvent, en sentant le calme que me laissait l'absence des passions, je me suis plaint, je me suis indigné contre moi-même, j'étais comme un paralytique qui voudrait à toute force s'agiter et marcher. Je me disais ; Tant que tu seras dans cet état d'indifférence, tant qu'aucune passion ne te donnera du mouvement, tu mèneras toujours une vie obscure, languissante, incapable d aucun élan... je luttais ainsi contre mon organisation, qui m'entraînait invinciblement au repos; je me consumais en vains efforts, et toujours mécontent et malheureux par le sentiment injuste de mon abjection, je désespérais de moi-même, et je me regardais avec douleur comme un homme dégénéré (Ibid., p. 120-121).

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