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la tempête et là, trouver dans le sentiment de la vie une joie intime et profonde, c'est tout ce qu'il désire i. Il se refuse à tout ce qui est excessif.
Plus peut-être encore que contre la tristesse, il est en garde contre la joie ~. Ce qu'il désire, c'est l'ataraxie, et même moins que cela, puisque la paix qu'il envie ne relève en rien de la volonté et n'a aucun lien avec la vertu •^. Rêve étrange chez un jeune homme. On aurait tort pourtant de n'y voir que la lassitude précoce d'une nature débile.
Il sent déjà S et sentira bientôt plus vivement, que cette paix est trop instable, trop dépendante des variations de son organisme, qu'il est impuissant à la conquérir et à la garder quand elle survient. Il sera conduit à en chercher une autre 5 plus haut, qui soit à ses ordres. D'ailleurs, même assurée et permanente, il l'aurait désertée. Ce qu'il aime en elle, c'est la vraie paix de l'âme dont elle lui fournit une image, infidèle et faussée, mais une image enfin qui suffit à le décevoir. « Pendant que j'étais jeune, dit-il, je confondais le sentiment de la force et le plaisir immédiat
1. Désabusé heureusement, je me dis que je dois tirer deTétat où je suis le meilleur parti possible, et qu'avec une faible constitution qui ne tend qu'au repos, je ne dois pas me faire le même système de bonheur que ces hommes dont le sang bouillonne avec force, et que leur activité entraîne invinciblement vers les objets extérieurs... je me félicite de ma faiblesse, qui me garantit de ces illusions... {Pensées, p. 122; cf. p. 137, 174, 263).
2. Lorsque je me sens très-disposé à la joie bruyante, cet état, si je m'y laissais aller, pourrait être agréable pour quelques instants, mais je m'en mène et je le redoute presque autant que son contraire. Ma grande ambition serait de me maintenir dans la situation moyenne. Celle-là m'oflre l'imagedune paix si douce {Ibid., p. 140-141)!