‹ Maine de BiranChapitre 32 sur 140 · Jbid., p. 189; cf. t. III, p · texte numérisé non relu

Jbid., p. 189; cf. t. III, p

Condillac déforme toutes nos facultés. Il fait plus : il réduit le sujet à l'inertie et finit par le supprimer.

Leibnitz a remarqué avec raison que les principes sont comme les muscles de l'esprit. Ils en sont en effet la force et le stimulant : ce sont eux qui le poussent à l'acte. Il n'en est pas de plus puissant et de plus efficace que le principe de causalité. Les sensualistes le nient puisqu'ils nient la cause. Mais il faut le suppléer dans le rôle qui lui était jusqu'ici assigné. C'est sur lui que se fondait la science; comment le remplacer?

Voici la solution de Condillac. Il n'y a pas de cause. Le principe de causalité est inutile aux recherches des savants. Pour les guider, une loi suffit qui domine toutes les autres et dont voici la formule : « Tout phénomène a pour antécédent nécessaire un autre phénomène ». Mais devant cette formule, l'esprit hésite. Si elle est vraie, la série phénoménale sera nécessairement sans terme, infinie : ce qui parait contradictoire. Et si, en un point quelconque de la durée, un phénomène peut surgir sans antécédent, la formule est fausse et l'instrument de la science est brisé. Les sensualistes se trouvent là dans une impasse : comment admettre la cause qui échappe, par sa nature même, aux prises des sens? et comment la nier, si les substituts qu'on lui donne sont incapables de jouer son rôle et acculent l'esprit à la contradiction ou à l'impuissance? Ils n'en peuvent sortir. Leur pseudo-principe est inacceptable '-.

Il y a d'ailleurs un premier acte de l'esprit qu'ils n'ex-

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