Ibid., p
nente, immobile, qui enveloppe un moi substantiel dont elle est le reflet. La première est objet d'expérience, la seconde le résultat d'une déduction. Descartes passe sans s'en douter de la première à la seconde, ou mieux, il substitue la seconde à la première; il se trouve qu'au lieu de reposer sur un fait, la philosophie n'a plus à sa base qu'une abstraction i.
Si Maine de Biran poursuit ainsi Descartes de position en position, s'il démasque l'un après l'autre tous les paralogismes qu'il croit découvrir, ce n'est pas pour le plaisir bien vain de prendre un logicien en défaut, mais pour saisir sur le fait et dévoiler les conséquences d'une fausse doctrine.
La théorie de la connaissance de Descartes est inacceptable. S'il n'aperçoit pas le paralogisme qui le conduit de la pensée à la substance, c'est que ce passage est naturel et s'efi'ectue par une tendance invincible et spontanée. La conclusion est légitime, mais il en ignore le motif; l'opération spontanée qui l'y amène est logique, mais il en méconnaît la naturel
Ce n'est ni par analyse ni par déduction que, du fait de la pensée, on remonte à l'âme et à la substance.
Le fait de la pensée qui nous est attesté par la conscience, ou môme qui lui est identique, est un fait particulier, contingent : il naît pour disparaître et demeure toujours soumis à ces vicissitudes de renaissance et de