Science et psijcltolojte, p. 1G8; cf. |>. iCi
que peut-il répondre à celui qui affirme que c'est la matière i? On reconnaîtra aisément que cette confusion est regrettable, qui amène Descartes à faire reposer sa philosophie dans le vide.
De plus, cette méthode, en l'entraînant, dès la première démarche, hors de la pensée jusqu'à la substance qui en fait se dérobe à nos prises, l'empêche de voir ce que la pensée contient en réalité. D'elle, il ne retient qu'une chose, son unité, unité vide; s'il l'eût approfondie, il eût peut-être découvert ce qui la constitue, retrouvé sous l'unité l'activité, et sous l'activité l'effort. Et l'effort qui suppose une lutte, un conflit, lui eût fourni dès l'origine, avec le vrai moi, la connaissance du corps si laborieuse dans sa doctrine. La science eût été placée sur son véritable fondement, à égale distance de l'unité nue et peutêtre purement logique de la pensée et du concept abstrait de substance, sur une unité réelle, concrète, active et vivante.
Pour avoir négligé cette analyse, Descartes a été conduit à vider l'être de tout contenu réel. Il n'en a gardé que l'arrière-fond immobile et la surface. Sans le vouloir, il a préparé la voie à Malebranche et à Spinoza.
Leibnitz va-t-il réparer la lacune que nous venons de signaler, faire à l'activité sa part et lui donner enfin sa