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diffuse Pour qu'elle séclaircisse, il faut que ses rayons convergent en un centre. Image inexacte et convergence impossible. Il n'y a pas de passage naturel de la sensation à la pensée. Celle-ci suppose une unité et une concentration de l'être qu'on ne trouve que dans l'effort. L'animal souffre et connaît; il ne sait pas qu'il souffre et qu'il connaît. Pour que la sensation soit consciente, il faut une unité supérieure qui soit à la sensation ce que la sensation est à la matière. Tant que cette unité n'a pas fait son apparition, il n'y a pas de moi ni de personne. C'est pour cela que l'animal ne peut se connaître. Ce qui lui manque, ce n'est pas la matière de la connaissance, la sensation ; mais sa forme, le sujet.
Il naît dans l'effort; et c'est avec lui que jaillit la conscience. Acte merveilleux et quasi créateur. En se posant, le moi s'oppose au monde, prend possession de lui-même, s'empare des mouvements qui de spontanés deviennent volontaires, donne l'unité à la sensation, accède à la lumière intellectuelle, ou plutôt la produit et la projette sur tout ce qui l'entoure. C'est l'avènement à une existence supérieure, à la vie de la pensée.
Nous avons marqué les caractères de l'effort, nous avons indiqué ses effets et signalé son importance capitale : il est la cause et le support de la pensée. Mais en lui-même, en sa nature intime, qu'est-il? Il est simple. Il entre en conflit avec les résistances matérielles et produit la pensée. Quelle est l'activité qui se révèle en ces actes? On ne peut ni la définir ni l'expliquer. Comment la faire entendre
à qui n'en aurait pas l'expérience intérieure^? Comment donner l'idée des sons aux sourds et de la lumière aux aveugles? Il n'y a pas de combinaison de concepts, quelque précise qu'elle soit, qui puisse suppléer la sensation; il n'y en a pas non plus qui puisse se substituer au témoignage de la conscience. Ce témoignage, pour donner une idée de l'effort, quand on en a indiqué les effets, il suffit de l'évoquer.
Mais si l'on ne peut le définir, on peut décrire les instruments dont il se sert. Par là, on arrive à délimiter son domaine;, et l'on a de lui, dans les organes qu'il utilise et les mouvements qu'il produit, comme une vision symbolique.
« Un physiologiste, doué du génie de l'expérience », Bichat, reconnaît trois modes ou trois espèces de contractilité musculaire. La première est une simple propriété organique, inhérente à la fibre musculaire et qui est connue, depuis Hobbes, sous le nom d'irritabilité. La seconde est la contractilité sensible ou animale ; elle est déterminée par une cause extérieure dont l'action est transmise à un centre partiel ou au cerveau. La troisième est la contractilité volontaire; elle est indépendante de toute excitation venue du dehors et prend naissance dans le cerveau. Il n'y a évidemment pas lieu de s'occuper de la première. On voit comment les deux autres se distinguent. L'une est consécutive à une exécution, l'autre en est indépendante. « La réaction sympathique du centre qui effectue les contractions animales ou les mouvements