‹ Maine de BiranChapitre 55 sur 140 · Œuvres inédites..., t. I, p. 209-213; f. III, p · texte numérisé non relu

Œuvres inédites..., t. I, p. 209-213; f. III, p

primitif dans l'ordre du mouvement volontaire, l'est aussi dans celui de la connaissance intellectuelle. Nous commençons à connaître au moment même où nous commençons à vouloir; ou, plus précisément, puisque la pensée n'est qu'une manifestation et qu'une des manifestations de l'effort, nous connaissons parce que nous voulons. Mais peut-on vouloir sans connaître? Une volonté sans connaissance et sans but n'irait-elle pas se confondre avec la force instinctive qui dirige l'animal? L'effort est la cause de la connaissance; et la connaissance, la cause de l'effort. Ils sont donc l'un et l'autre, simultanément cause et effet, antérieurs et postérieurs à eux-mêmes.

C'est une illusion, répond Maine de Biran, une illusion d'optique mentale. A l'origine, dans l'acte qui est le principe de la vie intellectuelle, il n'y a ni avant ni après. C'est de cet acte que dérivent toutes les notions comme tous les principes, de lui que naît le temps. Il serait absurde de prétendre qu'il est régi par les lois qui découlent de lui. Il les fonde et ne les subit pas; il leur est logiquement antérieur. Dans l'unité du moi, le temps est inconcevable, il n'est pas. Des éléments du fait primitif, on ne peut dire ni qu'ils sont successifs, ni même simultanés. Le temps est une catégorie à laquelle ils sont soustraits : ils sont intemporels^.

Sous sa forme systématique, cette réponse ne paraîtra peut-être pas décisive. Admettons l'hypothèse : le moi qui s'éveille à la conscience ne peut retirer les éléments

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