Œuvres inédites..., t. III, p. ■i'G-'ill-ilS
b) Si ces trois éléments étaient non seulement distincts mais séparés, si la volonté précédait l'effort et l'effort le mouvement, elle changerait de nature et d'objet. Ce ne serait plus une volonté, mais un projet de mouvement; et son objet serait, non pas présent, mais futur i. Il faut donc unir intimement, et en un seul acte, la volonté, l'effort et le mouvement .
C'est d'ailleurs une nécessité à laquelle on ne peut se soustraire. La volonté, en effet, séparée de l'effort et du mouvement, se transforme en projet. Mais ce projet, à son tour, est un acte de volonté qui se termine à une pensée, à la conception actuelle du plan d'un mouvement futur. Si, dans ce nouvel acte, nous séparons la volonté de l'effort et de la pensée où il aboutit, par une transformation analogue à celle que nous venons de signaler, la pensée actuelle et voulue disparaîtra; et, à sa place, il ne restera que la volonté de penser, un projet de pensée : la volonté réelle, actuelle et efficace fuira devant nous d'une fuite éternelle. Pour la retenir, il faut ne pas séparer ce que la nature a uni.
Hume a été conduit à cette fausse conception par l'erreur fondamentale de son système. Pour lui, la cause, c'est l'antécédent; et, si la cause et l'effet peuvent être simultanés, l'antécédent précède toujours le conséquent. La volonté ne doit pas être séparée de l'etfort ; Hume la dénature.
c) De plus, il se méprend sur son rôle et son objet. Ce qui est voulu, ce n'est pas la mise en branle de l'or-