Œuvres inédites..., t. III, p
et dans l'un, le premier, on peut voir, et même on voit nécessairement l'autre. Ce fait est le fait primitif : il constitue la personnalité, le moi. Remonter au delà, c'est remonter au delà de la conscience, chercher l'origine de l'activité dans l'inertie, de la lumière dans les ténèbres.
Il y a là, sans doute, une difficulté que nous avons traitée plus haut. Nous avons reconnu que la naissance du moi conscient était enveloppée de mystère. Mais ce mystère, quelque théorie qu'on adopte, ne le retrouvet-on pas dans le premier acte de volonté? Comment se déterminer au premier vouloir si l'on ne connaît pas l'efficacité de la volonté? Et comment la connaître sans l'avoir éprouvée? Mais cette question est différente de celle qui se pose ici. Dans la cause qui est le moi actif et conscient, on peut certainement prévoir, ou mieux voir l'effet; elle ne peut exister sans lui.
3° Nous arrivons à la critique fondamentale. Nous ignorons les intermédiaires nombreux qui s'intercalent entre la volonté et le mouvement; il est donc impossible de connaître le lien de ces deux termes.
a) Cette critique suppose d'abord que, dans tout mouvement volontaire, il y a d'un côté un acte de volonté, de l'autre un mouvement; entre les deux, pour les unir, l'effort. Mais rien n'est moins fondé. Le vouloir, l'effort, le mouvement ne sont pas trois actes successifs qui se déterminent l'un l'autre, mais tout au plus les trois éléments d'un acte unique, un mouvement volontaire ^