Science et psychologie, p
THÉORIE DE LA CONNAISSANCE. ^15
Tels sont les éléments essentiels enveloppés dans la croyance. Après en avoir fait l'analyse, U resterait à mar- .uer comment ils se développent dans le temps, à écrire leur histoire. En voici l'ébauche, inachevée sans doute, que Maine de Biran en a laissée.
La croyance précède le moi. Elle se retrouve dans la vie inconsciente, alors que les phénomènes affectifs et intuitifs se succèdent automatiquement en une sorte de rêve Ce rêve en effet n'est pas inerte, mais actif : il suscite des tendances et des mouvements. C'est une preuve qu'il y a, dans l'être qui le subit, une croyance à son objectivité. L'animal, comme l'enfant avant l'éveil de la conscience, croit au monde et aux corps. Il évite les dangers dont ils le menacent et recherche les jouissances qu'ils peuvent lui procurer. En cette croyance, se trouvent confondus trois éléments : l'âme, les phénomènes, les substances extérieures et objectives 1.
Le moi naît avec le premier effort libre. Dès lors le lien des phénomènes et des substances se modifie : il devient plusnet,il cesse d'être immédiat. C'est par l'intermédiaire du moi qu'ils sont unis. Le moi juge, ou mieux, il croit que, sous les phénomènes, il y a des substances. Ce n est plus une sorte d'instinct et une poussée aveugle qm le porte à rattacher son rêve intérieur à un objet extérieur et permanent; c'est un acte conscient où se trouve encore