Science et psychologie, p
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le vide. Où réside-t-elle? Dans l*âme substance. C'est de là que tout vient : elle est la terre féconde d'où surgissent et le moi et la pensée et les lois qui l'orientent.
Il y a deux ordres qu'il ne faut pas confondre : l'ordre des existences et l'ordre de la connaissance, l'objectif et le subjectif. Objectivement, l'âme précède la pensée, la substance précède l'effet; subjectivement, dans l'ordre de la connaissance, le moi est antérieur à l'âme, le mode à la substance, l'effet à la cause. Le moi est primitif et c'est de lui que nous allons à la cause, à la substance, à l'âme: il est le point de départ; elles sont le terme où il aboutit. Pour effectuer ce trajet, le moi s'appuie sur les principes qui, comme lui, naissent de la substance. Us sont la loi de l'esprit ; ils apparaissent en même temps que lui. Mais ils peuvent, sous leur forme abstraite, n'être connus que plus tard. Ils sont donc à la fois antérieurs et postérieurs à l'esprit, antérieurs comme loi, postérieurs comme connaissance ; et il reste vrai de dire que nulle idée n'est
innée.
On voit mieux maintenant le vice des philosophies à priori. Elles veulent déduire le réel, objet de la connaissance, des notions, fondement de la croyance. Or ces notions sont, du moins dans notre esprit, postérieures à la connaissance du réel ; et de plus elles sont vides. C'est plus qu'il n'en faut pour rendre cette déduction impossible. On ne tire de ces notions d'autre élément réel que celui qui nous a été fourni par l'expérience et que par une induction spontanée nous y avons transféré K