‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 129 sur 135 · V. Cousin n'admettait pas, il est vrai, l'explication des · texte numérisé non relu

V. Cousin n'admettait pas, il est vrai, l'explication des

principes directeurs de la raison que donne Maine de Biran ^ Mais il aimait à reconnaître sa puissante originalité : « C'est notre maître à tous, » disait-il; « c'est le plus grand métaphysicien du siècle. » Il lînit même par être de son avis sur sa découverte principale, qui est celle de « l'eflort hbre ». « Quand on analyse attentivement, écrit-il, ce phénomène de l'efl'ort, que Maine de Biran considère comme le type des phénomènes de la volonté, voici ce qu'il donne : 1'^ la conscience d'un acte volontaire; 2° la conscience d'un mouvement produit; S*' un rapport du mouvement à l'acte volontaire. Et quel est ce rapport? Évidemment, ce n'est pas un simple rapport de succession. Répétez en vous le phénomène de l'effort, et vous reconnaîtrez que vous attribuez tous, avec une conviction parfaite, la production du mouvement dont vous avez conscience à l'opération volontaire antérieure, dont vous avez conscience aussi. Pour vous, la volonté n'est pas seulement un acte pur sans efficacité, c'est une énergie productrice : de sorte que là vous est donnée l'idée de cause... Telle est la pensée de Maine de Biran. Je l'adopte 2. »

Joufî'roy reprit également la pensée fondamentale du philosophe de Grateloup et lui donna même une ampleur nouvelle. A son sens, si les causes qui animent la nature extérieure « échappent entièrement à l'observation, il en va tout autrement de la cause intérieure, où circule la pensée. Quand une pierre tombe, je vois le phénomène; puis, ma raison me force de croire qu'il a une cause;

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