‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 45 sur 135 · Ibid., 1. 1, p · texte numérisé non relu

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MALNE DE BIIIAN. 7

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LE MOI

sensualisme, témoignait de cette tendance obscure et des exigences encore mal défmies d'une pensée toujours en quête de vérité. C'est pour cela qu'au moment même où il adoptait et les théories et les formules de Destutt de Tracy, il était déjà loin de lui. Destutt de Tracy les acceptait par une sorte de contrainte logique ; mais, en les énonçant, il les vidait autant qu'il était en lui de leur contenu. Pour Maine de Biran, elles n'étaient qu'une première étape ; il tendait au delà : il cherchait la réponse à la question posée dès la première page de son journal, question qui a suscité le mouvement de sa pensée et qui le domine : « Où est le bonheur? Que pouvons-nous pour le conquérir? » Il sentait le besoin d'une activité qui lui permît de se dérober aux impressions passives des sens, de combattre leurs violences, de modérer leurs entraînements, de régler leur marche, en un mot d'une activité libre. Et c'est parce qu'il la pressentait et la désirait, que mis enfin, par une de ces intuitions qui constituent le génie, en face de l'effort, il reconnut là ce qu'il cherchait depuis longtemps et ce qui réalisait le vœu de toute la philosophie moderne. « Descendant en moimême, je cherche à caractériser plus expressément quelle est cette pensée primitive, substantielle, qui est censée constituer toute mon existence individuelle, et je la trouve identifiée dans sa source avec le sentiment d'une action ou d'un effort voulu. Cet eflbrt sera donc pour moi le fait primitif, ou le mode fondamental que je cherche... *. »

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