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LE MOI
vouloir * ». A cette heure où il se pose lui-même, il est tel qu'il sera plus tard : c'est un acte de liberté 2.
C'est pour cela qu'il est vraiment primitif : il ne dépend de rien; il se trouve à la racine de tout acte. Et c'est précisément parce qu'il est très près de nous, parce qu'il est nous-même, qu'il n'a pas été aperçu et qu'il a été aussitôt oubUé qu'entrevu. La direction de notre regard est en avant : il faut nous faire violence pour le replier sur nousmême ; et cette violence ne dure pas. C'est pour cela que niScheUing, ni Fichte, ni Destutt de Tracy n'ont su tirer parti de la vérité qui leur était un instant apparue, et que, après avoir reconnu dans l'effort le fondement de la personnalité, ils l'ont déduite de l'absolu ou noyée dans le relatif 3. Il ne faut pas la déduire, mais la constater ; elle nait avec l'effort. C'est l'élément primitif : tout le développement intellectuel le suppose et relève de lui ; lui ne peut avoir d'antécédent puisqu'il est libre.
C'est en lui et par lui que naît la conscience. Avant son apparition, tout se déroule dans les ténèbres. Sans doute, au-dessus du mouvement matériel et des phénomènes qui en proviennent et le manifestent, en un mouvement parallèle se développent dans l'animal, et dans l'homme avant l'éveil de sa pensée, toute la série des sensations affectives et représentatives. Ces deux mouvements se correspondent. Celui-ci est l'image de celui-là, image en un sens lumineuse puisqu'elle est sortie de la nuit où se meut la nature. Mais la lumière qui l'enveloppe est une lumière