Œuvres inédites..., t. I, p
L'enfant cric d'abord et s'agite parce qu'il souffre. Il le fait bientôt sans motif, en vertu de l'habitude contractée. Enfin, il s'aperçoit qu'il peut produire ces actes à son gré, les utiliser à son profit, les transformer en signes : c'est à ce moment que la conscience s'éveille, que le moi apparaît. Nous pouvons suivre cette transformation dans le regard de l'enfant où la lumière de l'intelligence succède à la pression du besoin ; nous ne pouvons lavoir en elle-même. Nous pouvons cependant en trouver au dedans de nous comme l'image. Dans le sommeil, nous sommes quelquefois éveillés en sursaut par des paroles proférées en rêve. Elles sont spontanées. Nous sentons aussi qu'elles sont soustraites à notre volonté, mais qu'elles peuvent passer sous sa direction. C'est comme une invitation à nous en emparer. Et c'est seulement après cette prise de possession que le réveil est complet. C'est une renaissance du moi et c'est l'image la plus fidèle que nous puissions trouver du fait primitif où il se constitue. « Tel est l'ordre ou la série des progrès; tel est le passage de l'instinct à la spontanéité, et de celle-ci à la volonté qui constitue la personne, le moi. L'animal franchit rapidement les deux premiers degrés ; l'homme seul peut atteindre jusqu'au troisième, mais il ne l'atteint que progressivement, suivant certaines lois ou conditions que la philosophie doit s'attacher à connaître pour trouver les principes et l'origine de toute science. Si nous n'avons pu écarter tous les voiles qui couvrent cette origine, nous avons du moms montré comment, et dans quel sens, il faut admettre une origine assignable de la personnalité ; comment ou par quels procédés de l'analyse on peut espérer la
MAINE DE 6IRAN
Il !.
trouver identifiée, non avec la première sensation d'une substance passive, mais avec la première action d'une force hyperorganique K »
1. Œuvres inédites..., t. I, p. 231-232; cf. t. III, p. 461-479.