‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 59 sur 135 · irf.,p · texte numérisé non relu

irf.,p

LE MOI

à la critique de Hume. On n'eût pu prévoir, dit-il, l'effet dans l'énergie de la cause. Pourquoi non? L'effet est le mouvement, la cause est la volonté motrice. Cette volonté — nous aurons bientôt l'occasion de revenir sur cette idée — n'est pas un projet de mouvement, mais une volonté actuelle, efficace. Elle est donc inséparable du mouvement qu'elle produit.

Cette séparation, la nature Topère, dit-on : la paralysie supprime le mouvement sans atteindre la volonté. — Est-ce bien sûr? Et qui l'a démontré? Un organisme immobile dans toutes ses parties serait pour la volonté mi insupportable fardeau : pliant sous ce faix, immobibsée par cette inertie, elle ne réussirait sûrement pas à produire le premier acte où elle prend conscience d'elle-même ^ ; le moi ne naîtrait pas. Quant à l'illusion du paralytique qui croit encore mouvoir ses membres inertes, elle suppose, au lieu de l'infirmer, le témoignage de la conscience 2. D'où vient cette foi dans l'efficacité du vouloir et de l'effort? sinon d'une conscience primitive. Il est juste d'ailleurs de reconnaître que ce qui est voulu d'abord, c'est l'effort-^ et le mouvement, au moins ébauché, qui en résulte immédiatement; quant aux autres mouvements plus apparents où ce mouvement initial se répercute et s'ampHfie, ils ne sont probablement unis à l'elfort qu'en vertu d'une habitude.

On n'a pas établi que l'effort puisse être jséparé du mouvement. Ces deux termes se supposent l'un l'autre;

Page 1