‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 62 sur 135 · Œuvres inédites^ t. III, p · texte numérisé non relu

Œuvres inédites^ t. III, p

LE MOI

o^anisme , c'est le mouvement lui-même tel qu'il est perçu, non par la conscience, mais par les sens. L'objet de la volonté, c'est « l'idée de l'exécution du mouvement, l'idée du mouvement comme s'exécutant, et non l'idée de ce que doit sentir celui de nos membres qui l'exécute » : Maine de Biran eût accepté cette formule de Renouvier ; et, s'il l'eût trouvée un peu lourde, il ne s'en serait pas plaint : il avait la coutume de placer l'exactitude et la précision au-dessus de l'élégance. En fait, cette formule est exacte : nous voulons nous mouvoir ; c'est à l'acte luimême où se terminent l'ébranlement nerveux et les contractions musculaires, que s'adresse la volonté. Intervertir cet ordre, c'est contredire la conscience et méconnaître la vraie fonction de la volonté. Dans ce cas, toute son activité se réduirait à exercer, dans le cerveau, des pressions dont le mouvement ne serait que l'effet lointain, prévu sans doute, voulu même, mais comme l'effet est voulu dans sa cause : c'est une situation absolument nouvelle ; il est impossible de n'en pas voir les difficultés et les embarras ^

Ici encore, on les verra mieux, si au mouvement l'on substitue une pensée. Quel pourra être alors l'objet de la volonté? Le mouvement moléculaire qui est l'antécédent immédiat de la pensée. C'est lui qui sera voulu directement, pour que la pensée en sorte comme l'effet de sa cause. N'est-ce pas mettre la volonté dans une situation inextricable? Il faut s'en tenir au témoignage de la conscience : nous ne voulons directement ni le mouvement

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