‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 70 sur 135 · Œuvres inédites.. .,i. III.p · texte numérisé non relu

Œuvres inédites.. .,i. III.p

MAIXE DE BIRAN.

ce qui les rapproche sans les unir, c'est le corps. Mais alors comment expliquer leur relation? Maine de Biran reproche avec raison à Descartes d'avoir isolé l'âme et de l'avoir placée si loin de la matière et si haut, qu'elle ne peut plus entrer en contact avec elle ; et c'est à ses yeux un mérite de la doctrine de l'efTort que de donner comme primitives les relations de l'activité du moi et de la résistance du corps. Mais n'est-il pas à craindre qu'il n'ait fait que transposer la difficulté? La vie sensible, et tout ce qu'elle enveloppe d'images et d'affections, nest pas close comme la conscience ; le moi la pénètre et s'en empare. Comment s'y prend-il? Et même, comment et par quoi est-il averti du mouvement intérieur de cette vie, si différente de la sienne? Il y a en effet une action de la sensation sur la pensée et une réaction de la pensée sur la sensation : la sensation ne s'élève pas d'elle-même jusqu'à la pensée, mais elle la sollicite à secouer sa torpeur; la pensée ne descend pas vers la sensation et, par une évolution à rebours, ne se dépouille pas de ce qui fait sa supériorité, mais elle s'unit à elle et utilise, en les enveloppant de sa lumière, les données qu'elle lui fournit ^ Sur quoi se fonde ce commerce?

La réponse de Maine de Biran manque ici de précision et de clarté. Le moi, d'après lui, sympathise avec la sensation ^ ; et cette sympathie est une loi générale de la vie : c'est grâce à elle que, sans contact, les fonctions organiques demeurent en harmonie, que les facultés sensibles tendent à se mettre au même ton. Il se fait entre

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