Science et psychologie, p
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Enfin, tandis que notre organisme se modifie et que nos sensations varient, nous ne pouvons concevoir une pensée qui existerait sans sujet, ni un sujet qui cesserait d'être identique à lui-même : les notions qui n'en sont que le reflet idéal, sont immuables comme lui et participent à sa nécessitée
Ce travail d'élaboration des notions que Ton vient d'indiquer, suppose deux termes, qui servent, Tun de point de départ, l'autre de point d'arrivée et entre lesquels Fespritsemeut. L'espritne peut connaître qu'à condition d'exister pourlui-même? il n'existe pour lui-même que s'il seconnait ; et nous avons vu qu'il ne se connaît que dans le conflit de son activité propre et du terme qui lui résiste : c'est là le point de départ de toute connaissance, la condition de la pensée, l'acte constitutif du sujet. Mais, si cette conscience est suffisante pour que le sujet se pose en s'opposant à l'objet, elle demeure pourtant enveloppée de quelque obscurité. Cette obscurité s'accroit dans les actes successifs qui suivent la naissance du moi. Il est en effet immédiatement engagé dans des opérations complexes où son énergie se trouve voilée et comme opprimée; et ce n'est que par un efPort continu qu'il se retrouve et se reconquiert. Cet effort n'obtient tout son effet et cette conquête n'est définitive que lorsque le moi est parvenu à se retirer de la sensation et à se replier sur lui-même par la réflexion. C'est alors que le sujet, n'ayant plus d'autre objet que lui-même, se pénètre entièrement et se connaît sous tous ses aspects : le développement intellectuel est achevé;